Nous deux,

Responsable de la chronique : Caroline Pinet
Nous deux

La puissance des mots

Imprimer Par Caroline Pinet

Les mots ont une puissance que nous ne réalisons pas toujours. Ils peuvent donner vie ou entraîner de la tristesse. Ils sont la monnaie d’échange du couple et permettent d’entrer en contact avec l’autre. La valeur même de ces mots permet aux membres du couple   de s’ouvrir davantage ou de se refermer à l’autre. Pour connaître l’autre, les paroles sont essentielles car elles permettent de comprendre ses pensées, son passé, ses projets d’avenir. Les mots servent donc à se raconter, à se faire comprendre. Mais ils servent aussi à interagir et c’est à ce moment que ceux-ci prennent du pouvoir.

Nous nous construisons tous sous  le regard des autres. Et le regard que je porte sur l’autre lui permet de s’épanouir. Nos paroles agissent en tant que miroir de ce que nous entretenons comme pensées. Lorsque nous partageons ces pensées nous affichons à l’autre l’impression qu’il nous donne. Et l’autre s’y fie …

Si nous sommes pessimistes et critiques, l’image que j’offrirai sera teintée d’un reflet négatif. Les paroles qui rabaissent l’estime, qui blessent risquent fort de miner l’entourage, le conjoint. Au contraire, si nous sommes bienveillants et cultivons un esprit joyeux nous ferons sentir à l’autre combien nous l’aimons et combien il est aimable.

Le chrétien a le devoir de cultiver la joie. Cette joie prend racine dans son cœur. Elle s’entretient de bonté et de regards aimants sur ce qui l’entoure. La joie donne vie autour d’elle. Et c’est du cœur en santé et rempli d’amour que viendront les paroles bienveillantes : « Mais ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c’est ce qui souille l’homme.… » (Matthieu 15:18-20). Nous avons le devoir suprême de veiller à cette joie qui aura un impact non seulement sur nous-mêmes mais également sur mon entourage.

Cultiver la joie pour ensuite la répandre en paroles demande un acte conscient tous les matins. C’est pourquoi la prière et la médiation sont de fiers alliés pour nous aider à nous mettre dans de bonnes dispositions. C’est également une entreprise de contrôle de soi et sur soi. Il faut être capable de passer par-dessus les petits irritants du quotidien, les pensées mesquines afin de garder notre cœur capable de bonté et de joie !

C’est dans ces dispositions que nous arrivons à dire à l’autre des mots bienveillants, valorisants, remplis de gratitude. Ces mots instaurent un climat favorable à l’amour. Nous savons aujourd’hui que le fait de sourire entraîne la production de sérotonine et de dopamine qui provoquent la joie. Le bonheur, c’est le temps que l’on accorde à la joie. Et seules ces dispositions conduisent à des paroles d’amour !

Ma mère a cultivé toute sa vie ce regard de bonté. Aujourd’hui, clouée au lit, elle n’en demeure pas moins inondée de sa joie intérieure qu’elle reflète à tous ceux qui l’approchent : tous se voient beau ou belle sous son regard !

Quel est le débordement de mon cœur ? Mon conjoint recevra-t-il aujourd’hui des paroles d’encouragement, des compliments, des mots gentils en me croisant ? Ou n’ai-je que des reproches à lui faire ? Est-ce que mes premières paroles du matin que j’aurai seront : « tu n’as pas débarrassé le lave-vaisselle hier soir ? » ou est-ce que je lui ferai sentir combien ma vie sans sa présence précieuse me serait si vide ?

 

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