Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour la Vigile pascale (A)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 28,1-10.
Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre.
Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus.
Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige.
Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, se mirent à trembler et devinrent comme morts.
L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié.
Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait.
Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire. »
Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui.
Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

L’enfantement du Ressuscité

Saint Matthieu signale la présence de nombreuses femmes auprès de Jésus au soir de sa crucifixion. Elles étaient là, l’ayant suivi depuis la Galilée. Elles regardaient à distance tout ce qu’on faisait subir à Jésus; puis après la mise au tombeau de son corps, elles étaient assises à regarder, c’était Marie de Magdala et l’autre Marie. Pas surprenant qu’on les retrouve au petit matin en première ligne pour visiter le tombeau après le repos du sabbat.

Il est quand même étonnant de voir le rôle dévolu aux femmes dans les récits concernant la résurrection du Seigneur. Durant sa vie publique, on a vu Jésus le plus souvent entouré d’hommes, ses disciples ou d’autres. Or les 4 évangélistes s’accordent pour souligner le rôle prépondérant des femmes au matin de Pâques. Pourquoi tout d’un coup leur présence? Il y a peut-être là un signe? Pour ma part, quelques réflexions toutes simples me sont venue à l’esprit. J’espère ne pas trop vous étonner.

On a, bien sûr, fait des farces en disant que c’est parce que les femmes sont plus bavardes que les hommes, et qu’alors la bonne nouvelle de la résurrection avait plus de chance avec elles de se répandre rapidement.  Soyons plus sérieux. Nous avons peut-être dans leur présence, au moment de la mort de Jésus, de sa mise au tombeau et au matin de la résurrection, le reflet d’une coutume liée aux soins qu’on prodiguait aux défunts. Les femmes seraient traditionnellement désignées pour apporter les soins requis en pareilles circonstances. Ce serait une affaire de culture!

Mais j’aime bien voir dans leur présence assidue un signe de leur fidélité, de leur attachement à la personne de Jésus. Ces femmes ne lâchent pas. Elles sont résilientes; la tendresse et le dévouement dont elles témoignent ne seraient-ils pas liés à l’essence de leur condition féminine?

Et justement, allant un peu plus loin dans le même sens, la résurrection du Christ, n’est-elle pas un mystère de renaissance, un événement de vie, de vie nouvelle? Or les femmes ont une complicité, une connivence plus sensible avec tout ce qui naît? Elles ont, il me semble, une pertinence toute naturelle avec l’événement pascal et le grand prodige alors en train de s’accomplir.

Je ne dis pas cela pour les flatter ni pour vous épater. Mais les femmes sont très importantes dans notre accès au mystère de notre foi! Marie Madeleine et l’autre Marie nous le font comprendre par leur simple présence à l’évènement de Pâques.

Au cœur de cette nuit rendons grâce pour ce rôle dévolu à ces quelques femmes de la première génération chrétienne. Rendons-grâce au Père pour nous avoir redonné en si bonne compagnie son fils ressuscité d’entre les morts, premier né d’une multitude de frères et de sœurs. Rendons grâce pour toutes les femmes d’hier et d’aujourd’hui qui portent avec respect et amour le joyeux message de vie.

Joyeuses Pâques à vous tous et toutes!

Une réflexion au sujet de « Homélie pour la Vigile pascale (A) »

  1. marie

    « C’est donc une femme qui, la première se rend au tombeau, avant même Pierre et Jean. Tout indique que la résurrection est une naissance : « le premier jour de la semaine… de grand matin… alors qu’il fait encore sombre… » Le tombeau fait pour être un ossuaire, devient ici matrice maternelle. Il est ouvert et il est vide. Il a accouché de la vie. Pierre et Jean ne retrouveront que le linceul et le linge qui avait été déposé sur le visage du cadavre. Jésus a déjà quitté les vieux oripeaux de la mort.  »
    Une idée semblable dans cet extrait d’une belle, simple et profonde homélie d’un prêtre-ermite, le Père Sohier, site web : www. kerit.be.
    Malheureusement, on ne peut pas retrouver les homélies récentes. La page des archives est en reconstruction.

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