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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
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Que ferons-nous de cette année?

Imprimer Par Jacques Marcotte & Anne Saulnier

Le début d’une nouvelle année reste toujours un moment bien particulier et marquant dans nos vies. En un sens, c’est un peu comme si nous franchissions le seuil du temps ; nous entreprenons une nouvelle étape que nous espérons, malgré tout, riche d’expériences nouvelles, bien que nous sachions que ce ne sera pas toujours facile.

L’année 2016 aura été marquante avec son lot de tragédies humaines, les guerres qui s’étirent et qui sont de plus en plus complexes, le nombre effarant de réfugiés, les attentats, la montée inquiétante d’une droite radicale dans plusieurs pays d’Europe, etc. Le monde entier semble pris dans une spirale de la violence sans précédent, que rien ne peut arrêter. Se peut-il que nous n’ayons rien appris au fil des siècles et que la nouvelle année ne soit que plus ou moins la reprise de la précédente ?

Tout récemment, dans un article de la Presse mobile du 28 décembre, une auteure écrivait une lettre à Dieu dans laquelle elle lui expliquait son désarroi et son incompréhension devant les horreurs qui se passent à Alep, en Syrie. Elle concluait sa lettre en ces termes : « Dieu, j’aimerais implorer ta miséricorde pour que tu mettes fin à cette guerre et aux souffrances du peuple syrien, mais je ne crois plus en toi. » Dans un langage authentique et vibrant, l’auteure traduisait ainsi la pensée de bien des gens sur l’existence et sur la nature d’un Dieu que l’on nous décrit comme infiniment bon et infiniment aimable. L’argument est défendable si on oublie que la puissance de Dieu réside justement dans la fragilité de cet enfant nouveau-né dont nous venons de célébrer la naissance à Noël. Jésus nous révèle alors la faiblesse d’un Dieu fragile qui ne peut vivre sans la tendresse et l’amour des hommes et des femmes de ce monde.

Beaucoup de gens ne considèrent qu’une facette de Dieu, sa puissance. Nous l’affirmons chaque fois que nous proclamons le Credo : Je crois en Dieu le Père tout-puissant. Toutefois, nous poursuivons immédiatement en affirmant notre foi au Christ, en ce Fils de Dieu qui s’est incarné pour nous parler de la tendresse du Père, lui qui marche avec nous et porte nos souffrances. En se faisant homme en Jésus-Christ, n’oublions pas que Dieu, par cet acte d’amour pour l’humanité, limite volontairement sa puissance pour épouser notre finitude et nos pauvretés.

Dieu n’est jamais responsable de la souffrance. Le mal existe bel et bien. Nous en avons la preuve chaque jour. Il est partout et même dans le cœur de l’homme. Mais le bien existe aussi et il réussit à passer et à fleurir là où tout semblait perdu. Là où on ne soupçonne aucunement sa présence, Dieu est là. Nous avons vu son action lors des attentats à Paris lorsque les gens se portaient secours malgré le carnage qui avait cours autour d’eux ; nous l’apercevons dans chaque petit geste que nous portons vers notre frère ou notre sœur en détresse. Là est aussi notre foi, porteuse d’espérance. Le Christ n’enseigne-t-il pas que la vie triomphera de la mort ?

En cette année qui commence, nous pouvons décider de baisser les bras et de nous laisser aller au découragement. Mais nous pouvons aussi prendre le parti de Dieu, en nous rappelant que nous pouvons veiller sur Lui, faisant tout le bien possible autour de nous selon nos capacités respectives. Dieu a besoin de nous pour que l’humanité progresse. Il compte sur nous qui sommes créés « à son image ». Il nous a régénérés dans son Fils pour que nous devenions, comme lui et avec lui, des artisans de Paix. Ne l’oublions jamais!

Bonne et heureuse année à tous nos lecteurs et lectrices!

Jacques Marcotte, o.p. et Anne Saulnier,
En collaboration.
Québec.

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