Dieu en famille,

Responsable de la chronique : Raphaël Pinet
Dieu en famille

De quoi suis-je impatient ?

Imprimer Par Raphaël Pinet

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Dans nos vies trépidantes, l’impatience est ce grain de sel qui souvent peut nous rendre désagréables aux autres. L’impatience naît de la distorsion entre ce que nous attendons et ce qui ne se réalise pas encore. C’est une incapacité à ne pas souffrir la distance qui nous sépare de ce vers quoi nous tendons. La sagesse apaise la frustration et nous pouvons attendre plus calmement l’objet de notre désir.

Mais qu’attendons-nous dans le secret de nos cœurs avec impatience ou modération ? Gagner au loto, changer de travail, l’amour de sa vie, des enfants plus obéissants, une plus grande maison, une nouvelle voiture, un sens à sa vie ?

Au fond, nous attendons ce qui nous manque, voire dans les cas futiles ce que nous croyons être à même de nous combler. Le silence comblera l’agité, l’augmentation de salaire l’indigent, l’amour le carencé, et ainsi de suite. Savoir ce que nous attendons le plus permet dans un regard introspectif de comprendre le creux qui nous habite, pour le meilleur et pour le pire.

L’Avent est un temps d’attente. Temps fébrile ou apaisé. Temps bien rempli où les multiples obligations du temps des fêtes pendant quatre semaines intensives nous amènent plus souvent qu’autrement à ramper jusqu’au sapin de Noël le matin du vingt-cinq, épuisés, fourbus, la main tremblante vers les cadeaux. Enfin ! Libération ! Nous n’avons plus rien à attendre !

Et pendant ce temps, Dieu était «dans le murmure d’une brise légère. » (1R,19,12)
Loin de nos tracas, c’est-à-dire non pas loin de nous bien au contraire, mais au plus près de nous, au cœur de nous-même, ce cœur que nous ignorons les premiers.

« Toi, tu étais plus intime que l’intime de moi-même » Saint-Augustin (Confessions, III,6,11)
L’Enfant-Jésus est révélé comme le Dieu qui se cache en notre sein, en attendant que nous le découvrions là où nous attendons le moins. Encore faut-il que ce temps de l’attente creuse en nous la soif de l’Enfant qui vient.

Et cette soif désaltérante, nous l’abreuvons de nos rencontres, de nos regards amoureux sur notre conjoint, sur nos enfants, nos amis et ceux qui le sont moins.

Bien tard je t’ai aimée,
ô beauté si ancienne et si nouvelle,
bien tard je t’ai aimée !
Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors
et c’est là que je te cherchais,
et sur la grâce de ces choses que tu as faites,
pauvre disgracié, je me ruais !
Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ;
elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant,
si elles n’existaient pas en toi, n’existeraient pas !
Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ;
tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ;
tu as embaumé, j’ai respiré et haletant j’aspire à toi ;
j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ;
tu m’as touché et je me suis enflammé pour ta paix.
Saint-Augustin (Confessions)

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