Dieu en famille,

Responsable de la chronique : Raphaël Pinet
Dieu en famille

Être dans le monde

Imprimer Par Raphaël Pinet

captain-fantastic-movie-slice-600x200Le film récent Captain Fantastic met en scène un père de famille anti conventionnel à la tête d’une famille dont le père interprété par Viggo Mortensen, inculque les principes de vérité, d’authenticité à ses six enfants en pleine forêt. Passons outre les poncifs du genre wilderness qui a toujours beaucoup de succès aux États-Unis ainsi que le fantasme de l’autarcie qui l’accompagne.

Le film pose la question des principes d’une éducation raisonnée pour le meilleur épanouissement des enfants. A ce titre, il ne peut laisser personne indifférent : certains ont porté aux nues ce film, d’autres ont détesté. Il me reste, quant à moi, une impression de profond malaise : celui de voir une posture d’orgueil érigée en principe irréfragable (nous avons raison, le reste du monde n’a pas compris ou n’est pas assez « conscientisé » dans le jargon marxiste). Cette assurance se double inévitablement d’une absence en définitive totale de remise en question du père dans ses choix. Ajoutons l’éducation en vase clos et vous avez tous les ingrédients d’une secte sure d’elle-même.

Pourtant, Jésus n’a-t-il pas aussi adopté cette attitude de principe : « Prenez courage, moi j’ai vaincu le monde » (Jn 16,33) ? Dans toute édification morale, ne devons-nous pas nous défier de la position « je suis OK/ les autres non » contre laquelle l’analyse transactionnelle nous met en garde ? Gardien du précieux message de la Bonne Nouvelle, ne risquons-nous pas de tomber dans l’assurance d’avoir Dieu avec nous, ou plutôt Dieu de notre côté?

Il est évident que l’Amour ne peut se fonder sur l’exclusive, voire l’exclusion. Et la préoccupation fraternelle ne saurait se baser sur le sentiment d’une supériorité de principe. Etre chrétien, selon la formule consacrée, ce n’est pas être du monde, mais dans le monde. Et cette incarnation au milieu de nos frères et de nos sœurs exige la justice, l’insoumission face aux diktats sociaux et politiques certes mais d’abord et avant tout le souci de l’autre. Ce souci ne saurait prendre que la dimension morale mais aussi tous les aspects de l’épanouissement de chacun dans le vivre ensemble (intellectuel, affectif, familial).

L’amour de Dieu s’apprend dans l’inclusion et la bienveillance, pas dans l’exclusion ni le regard hautain.

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