Dieu en famille,

Responsable de la chronique : Raphaël Pinet
Dieu en famille

Le quatrième de la Trinité

Imprimer Par Raphaël Pinet


Le père Andreas Schmidt dans son livre La prière intérieure au cœur de la vie quotidienne nous rappelle l’importance de la mise en route avant de commencer l’oraison :

« De nombreuses distractions dans la prière viennent de ce que nous sautons cette première étape de recueillement et parlons à Dieu comme s’il était absent. Me recueillir signifie bien prendre conscience que Dieu est présent. Je me trouve maintenant en sa présence, en présence du Dieu trois fois saint qui m’aime. Je ne me trouve pas seulement « devant Dieu » pour lui exprimer mes demandes et mon action de grâce, mais je suis accueilli par la Trinité. »

Dans ce préambule à la prière, comment ne pas penser à la fameuse Trinité d’Ivan Roublev. Les trois anges qui représentent la Trinité conversent autour de la Sainte Table. L’Eucharistie est au centre. L’amour circule entre les personnes divines. Les mains délicatement ciselées scandent le dialogue amoureux. L’inclinaison des têtes, les unes vers les autres, confèrent un sentiment de grand respect entre ces trois personnes.

Pourtant, à regarder de plus près, il semble qu’une absence se dessine. Les anges ne sont pas tout à fait tournées les uns vers les autres, sans quoi l’on verrait les deux anges aux extrémités de profil et non de face. Les trois personnes sont à la fois en conversation entre elles et tournées vers le regard de celui à qui elles s’offrent en contemplation.

L’icône, comme on le sait dans la confession orthodoxe, n’est pas une œuvre d’art mais une prière. La Trinité s’offre à la contemplation du priant. Sans contemplatif, la Trinité serait, est et sera. Pourtant, Dieu a créé l’homme et la femme bien que rien ne l’y obligeât. L’amour ne peut s’épanouir que dans le don et non dans le quant à soi.

Ainsi, le quatrième de la Trinité, c’est nous, chacun des priants qui nous tenons recueillis devant l’exposition de l’amour donné à contempler.

De même, dans la dynamique de la famille chrétienne, l’amour ne peut rester sous le boisseau mais ne s’épanouit que la circulation du don. Don de soi aux autres, émerveillement devant la richesse de chacun des membres de la communauté, petits et grands. Mais avant le don se trouve la contemplation pour que s’enracine en nous l’action de grâce devant les dons de la Trinité.

Cette contemplation s’appelle prière. Et c’est le point de départ de la Présence de Dieu en notre famille.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dieu en famille

Les autres chroniques du mois