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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
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« Homme et femme il les créa. »

Imprimer Par Anne Saulnier & Jacques Marcotte

Ce mois-ci, les sujets d’actualité n’ont pas manqué. Il en est un qui a retenu davantage notre attention. Au Québec, nous parlons beaucoup de la culture du viol qui banalise la violence sexuelle dans notre société. Que ce soit sur les campus universitaires, chez nos représentants politiques, dans diverses associations et même dans nos familles, partout se lève un cri pour dénoncer ce que l’on a longtemps tenu caché par crainte de ne pas être crus ou pire encore, d’être tenus à l’écart de nos semblables. L’onde de choc n’a pas épargné l’Église qui a dû elle-aussi reconnaître qu’elle avait pendant de longues années cherché à étouffer des abus au sein de son institution. Chez nos voisins américains, les choses ne sont pas différentes. Que l’on pense aux voix qui se sont fait entendre pendant la période électorale, rendant publics des gestes posés par monsieur Trump dans le passé. Les faits ont pris une telle ampleur qu’ils ont estompé pendant un certain temps les grands enjeux sur lesquels devaient porter les débats.

Qu’on le veuille ou non, la sexualité reste un sujet qui ne cesse de provoquer l’actualité et sur lequel nous voulions réfléchir puisqu’il est partout et dans toutes les sphères de la société. Comment pourrait-il en être autrement puisque l’être humain est un être sexué? On naît homme ou femme et, comme nous sommes des êtres de relation, il nous faut composer avec cette réalité qui est au cœur de nos rapports humains. La nier ou la dénigrer ne peut que créer un malaise profond et fausser la relation. Nous n’avons qu’à penser aux difficultés actuelles de l’Église catholique qui prône l’égalité hommes / femmes, mais qui éprouve manifestement des malaises dans ses rapports avec ces dernières. Culturellement, et malgré que le mot église soit du genre féminin, le monde ecclésiastique est encore réservé aux hommes et il faudra peut-être beaucoup de temps et une volonté profonde de changer les choses avant que soit modifié cet état de fait.

La sexualité dérange. Elle dérange parce que la parité et l’égalité entre les hommes et les femmes sous-entend que nous sommes assez matures pour assumer notre propre sexualité et celle des autres, peu importe à qui nous avons affaire et quelle que soit la manière dont cette sexualité est vécue.

Si nous nous tournons vers les Écritures, nous pouvons voir que, malgré la culture de son temps, Jésus n’hésitait pas à s’entourer de femmes. L’évangéliste Luc, en particulier, nous rapporte la qualité de la présence des femmes auprès de Jésus et l’importance qu’il leur accordait. Il leur parlait, se laissait toucher par elles et par leurs demandes. Que l’on prenne cette pécheresse au repas chez Simon (Lc 7, 36) ou encore la femme hémorroïsse (Lc 8, 40), la lecture nous dépeint un Jésus sensible et manifestement à l’aise avec les femmes. Dans le Premier Testament, le livre du Cantique des Cantiques est un merveilleux chant d’amour qui célèbre sans complexe l’amour passionné d’un homme et d’une femme. Les auteurs spirituels chrétiens n’ont pas eu peur d’y voir la figure évocatrice de l’intensité et de la beauté de l’amour existant entre Dieu et son peuple ; le récit de la Genèse nous montre aussi que toute l’œuvre de Dieu est bonne, nous rappelant avec force que c’est après avoir créé l’homme et la femme à son image que Dieu vit que c’était très bon. (Gn 1, 27)

En collaboration,
Anne Saulnier et Jacques Marcotte, o.p.
Québec

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