Témoins du Christ,

Responsable de la chronique : Marius Dion, o.p.
Témoins du Christ

Une jeunesse à reconquérir

Imprimer Par Gérard Tinguely

C’est parfois difficile avec des jeunes, mais, quand ils peuvent s’exprimer et s’organiser, ils sont prêts à réfléchir au sens de leur vie. Alors que je voulais tout quitter, je me suis engagé à 100% en Eglise!

Agé de 28 ans, Joao Carita est arrivé en Suisse il y a quatre ans avec l’infirmière qui deviendra son épouse. Après un détour par Montreux, l’agent pastoral en formation est employé depuis deux ans par la mission portugaise de Fribourg. Dans son pays, il a laissé tomber le journalisme car il a « trouvé le bonheur en Eglise…. enfin je le cherche ». Chez moi, j’ai suivi la catéchèse par tradition. Pour la confirmation, je suivais par obligation, je n’avais pas d’intérêt. C’était un cahier de charges à remplir et à ranger au plus vite. Quand on a quinze ans, l’Eglise c’est la pire des choses! Pourtant, pendant les mois d’été, je m’ennuyais, les cours religieux me manquaient. Et puis j’ai appris à jouer de la guitare. J’ai alors demandé à la paroisse si elle avait besoin de quelqu’un. On m’a répondu : oui, viens!

C’est comme ça, que Joao a commencé à animer des prières, à mener des groupes vers la confirmation. Un jour, des jeunes de sa paroisse débarquent chez lui pour discuter. Ce sera le début d’un chemin de foi en commun. « Avec ce groupe, on a appris à se poser des questions, à s’écouter les uns les autres, à parler de nos doutes en toute liberté, à choisir nos thèmes de réflexion. Tous les samedis soir, on animait la messe et les gens venaient en nombre ». Les formules apprises par cœur, la doctrine, les énervants « on a toujours fait comme ça » n’étaient pas faits pour ce groupe dont certains membres sont devenus à leur tour des animateurs de leur paroisse. Ceci réjouit Joao chaque fois qu’il retourne au Portugal.

A Fribourg, la mission propose une catéchèse d’accompagnement en langue portugaise à plus de 80 enfants de 7 à 12 ans, en complément à l’offre des paroisses locales. « Il y a aussi beaucoup de jeunes de plus de 16 ans qui sonnent à notre porte pour la confirmation. Après l’école, un énorme fossé se creuse avec l’Eglise, avec eux il faudrait refaire du catéchuménat. Mais pourquoi ne pas faire autre chose? Pour aller vers Dieu, Joao a donc imaginé un parcours GPS, avec l’ambition que les jeunes participants deviennent à leur tour animateurs de leur milieu de vie. Ces réunions ont lieu une fois par mois, émaillées par des chants, des jeux de piste, des introductions aux Actes des Apôtres, aux Lettres de saint Paul.

Après la confirmation, un groupe Shalom est aussi né il y a un an et demi. « Le programme se prépare avec des jeunes qui ne sont pas trop à l’Eglise. On fait des petits pas avec quelques-uns, certains commencent à profiter de la messe et à se sentir partie prenante de quelque chose. Je ne veux surtout pas d’un ghetto portugais pour les jeunes car tous se sentent bien ici. Nous sommes là pour vivre le christianisme. Mais c’est difficile de travailler avec des jeunes qui ont beaucoup d’activités (famille, copains, sports) à côté de l’école ou de l’apprentissage. Il y a beaucoup d’offres et l’Eglise n’est pas très attirante pour eux. Et pourtant, ils peuvent y trouver le bonheur », assure Joao.

Texte de Gérard Tinguely dans L’essentiel. Votre magazine paroissial, Unités pastorales du Grand Fribourg, Suisse, juin 2016, p. 12.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Témoins du Christ

Les autres chroniques du mois