Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Marcel Dumont, o.p.
Le rosaire dans la ville

Mystère douloureux : L’agonie de Jésus

Imprimer Par Marcel Dumont, o.p.

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« Jésus emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean pour prier, et il commença à ressentir tristesse et angoisse. Il leur dit alors : « Mon âme est triste à en mourir. Demeurez ici et veillez avec moi ». Il s’écarta un peu et tomba la face contre terre, en faisant cette prière « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux ». (Mt 26, 36-39). Ton agonie Seigneur Jésus est un moment d’intimité avec le Père en ta chair humaine qui se déchire. Ton âme, triste à en mourir, se déchire devant la puissance de filiation qui se déploie en toute ta Personne, une Personne, à la fois, divine et humaine qui a la lourde et l’angoissante responsabilité de réaliser l’œuvre de Dieu, le rêve de s’unir à l’humanité entière en sa chair, le rêve d’élever cette chair, fruit ultime de la création, brisée par le péché, à la gloire de la Vie divine.

« Demeurez ici et veillez avec moi », dis-tu à tes disciples, « Demeurez ici et veillez avec moi », nous dis-tu  en cette heure qui est la nôtre. Et, cette heure du présent qui est la nôtre est toujours la tienne : Toi, tu offres, tu t’élances vers le Père dans l’angoisse du monde qui étreint toujours ta chair dans la plus parfaite des communions avec ton épouse, l’Église! Notre chair est appelée, est conviée en juste noces, les tiennes, en ton agonie, véritable élan de tendresse vers le Père. C’est l’Alliance Nouvelle qui se scelle, qui s’écrit en ta chair de Fils de Dieu, de Fils de l’homme, te plairas-tu à rappeler dans les Évangiles : « Le Fils de l’homme doit beaucoup souffrir, être livré aux mains des hommes, être tué et ressuscité le troisième jour ».

« Demeurez ici… » Comment pouvoir réaliser ce désir de ton cœur Seigneur, de ton cœur eucharistique, ton cœur qui se livre en cette instant même de notre vie, alors que nous n’avons le désir que de nous assoupir en la somnolence du monde? Tant de choses nous fascinent alors que tu nous appelles au jardin de l’agonie, de l’agonie du monde qui pourtant nous éveillera à la vie, ta Vie! « Veillez avec moi… ». Comment réaliser ce désir de ton cœur livré Seigneur, alors que les tentations de fuir dans les tourments de ce monde semblent nous inspirer bien d’avantage qu’une vie livrée à tes côtés?

Ô Jésus Notre Sauveur! Comment te remercier pour la filiation et l’appel de ton agonie? Tu ne cesses d’être tourné vers le Père, Notre Père, et tu nous convie en cette plénitude qui n’aura d’égale que le passage de ta glorieuse agonie! Comment saisir le reflet de ce mystère sinon d’accueillir la grâce quotidienne que tu nous offres, celle de vivre en ta présence ces moments au jardin de nos vies, celle de reconnaître en ta filiation notre propre filiation comme fils et filles de Dieu éternellement tournés, plongés dans le regard amoureux d’un tel Père, plein de miséricorde et de tendresse. Seigneur Jésus! un seul désir nous habite en ce mystère : que ton agonie épouse notre chair et nous convie à la Gloire du ciel en la tendresse du Père! Vibrante agonie, tu es tendresse pour notre chair!

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