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Responsable de la chronique : Suzanne Demers, o.p.
Aventure spirituelle

Nagasaki. Les martyrs dominicains

Imprimer Par Paul-Henri Girard

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Curé de notre paroisse dominicaine de Shibuya (Tokyo) pendant plus de 20 ans, j’ai pensé prendre un temps de repos pour me reprendre en main et peut-être découvrir un travail pour les quelques années qui me restent. J’ai opté pour Nagasaki, au sud-ouest du Japon. Pourquoi ? Mieux connaître cette ville, qui fut, dès le 16e siècle, le berceau du christianisme au Japon, persuadé que j’y trouverais un enrichissement.

Nagasaki ! Là sont débarqués les premiers frères dominicains. Leur prédication fut arrosée du sang de nombreux martyrs. Ce que j’ai ressenti fortement durant tout mon séjour : Les chrétiens de Nagasaki vivent de la foi de leurs martyrs.

L’église de Nakamachi est au centre-ville. Le père Chitoshi, prêtre diocésain, seul à diriger cette grande paroisse, se dit heureux de compter sur mes services et moi, heureux d’être guidé dans mes recherches et déplacements. L’église est sous le patronat des 16 martyrs dominicains. Je ne pouvais mieux tomber. Je ne sais pourquoi, mais la fête des Dominicains était demeurée presque inconnue et célébrée sans solennité. Or j’apprends que le nom de baptême du curé est Dominique. « Ce n’est pas tout, dit-il en riant, je suis né dans l’Ordre de saint Dominique. Mon père et ma mère, membres de la Confrérie du Rosaire dirigée jadis par les Dominicains, avaient pour nom Thomas-d’Aquin et Catherine de Sienne, et ma sœur, Rose de Lima. » Me retrouver là, fallait-il y voir une signe mystérieux de la Providence ?

Un jour, le curé me dit : «Aidez-moi. Cette année nous allons fêter solennellement les saints patrons de notre paroisse». Sans le vouloir, j’avais déclanché l’occasion de mettre les Dominicains sur la carte religieuse le vie de Nagasaki. Le curé d’ajouter : « Pourquoi vous, Dominicains, êtes-vous absents du diocèse de Nagasaki ? Avez-vous oublié le grand rôle joué jadis par les Dominicains, dans l’histoire de la prédication de cette ville. Il faut faire quelque chose pour réhabiliter le souvenir des martyrs de votre Ordre, les protecteurs de la paroisse. »

Le dimanche, 25 septembre 2005, fut jour de fête. Autour de l’archevêque, 22 concélébrants de différentes paroisses de Nagasaki. Une assistance de plus de 600 fidèles. Le père Tetsuo, dominicain japonais, nous prépara à la célébration en nous brossant un clair tableau de l’époque des 16 martyrs des 16e et 17e siècles, situant leur témoignage de foi dans l’histoire religieuse du Japon.

C’est dans cette atmosphère de fêtes et de recherches que j’ai vécu ce séjour à Nagasaki, qui me paru bien court. La ville de Nagasaki est pleine de petites surprises, mais encore faut-il marcher et marcher pour les découvrir. Son histoire religieuse m’a bouleversé. Le mouvement interreligieux est très accentué entre bouddhistes, shintôistes et chrétiens. Que de choses à découvrir !

Chers amis, je voulais vous faire goûter à la joie qui m’habite au sujet de l’histoire dominicaine au Japon. Je vous l’offre avec mes vœux comme témoignage au Christ ressuscité qui ne meurt plus. Je prie avec vous, missionnaires avec moi.

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