Dieu en famille,

Responsable de la chronique : Raphaël Pinet
Dieu en famille

La joie. Et puis après …

Imprimer Par Raphaël Pinet

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Je me souviens de cette joie intense que nous avons ressentie lorsque nous avons assisté à Montréal en famille et entre amis à la finale de la Coupe du Monde de football en 1998. L’exemple est, certes, prosaïque mais il permet de bien comprendre le caractère intense de l’euphorie vécue. Sentiment qui perdura plusieurs jours et qui, surtout, a exalté un sentiment d’unité en France et entre les Français ainsi que les sentiments d’amitié de nos amis canadiens et québécois.

On ne peut pas être joyeux tout seul dans son coin. Ensuite la joie unit, transcende les différences et les frontières. Enfin, on ne peut pas la garder pour soi, il faut la proclamer.

C’est tout cela que nous vivons lorsque nous entrons dans la liturgie de la lumière au cours de la veillée pascale. Retentit la première parole qui dit tout : Exultet !

Qu’exulte de joie la foule des anges dans le ciel !

Et nous avec, bien entendu. Et dans les jours suivants. Et dans les semaines qui suivent. Et dans les mois après, puis les années. Et ainsi de suite.

On comprend vite que la réalité du quotidien nous rattrape. Et qu’à moins de passer pour le Ravi de la crèche, il vaut mieux en rabattre un peu sur l’expression de ce sentiment si transfigurant. Néanmoins, cultiver la joie en famille est non seulement une exigence de foi mais aussi une manière de faire accéder concrètement le Royaume de Dieu qui est au-dedans de nous (Luc, 17.21). Le meilleur témoignage de foi auprès des nôtres est bien de laisser le fardeau de nos soucis pour prendre le joug du Seigneur, bien plus léger (Mathieu 11.28-30). Sans quoi l’annonce de la Bonne Nouvelle risque de glisser sur nous comme l’eau sur les plumes d’un canard et s’affadir au point de hausser les épaules d’un air blasé : « Christ est ressuscité. Oui, c’est vrai. Bon. Et puis après ? »

Chaque fois que le poids des jours nous accable, c’est le vieil homme qui reprend le dessus et qui tâche de nous faire oublier la source de toute joie, celle du Ressuscité. Alors, quand ce vieillard vient nous importuner, congédions-le d’un simple Exultet !

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