Dieu en famille,

Responsable de la chronique : Raphaël Pinet
Dieu en famille

Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima

Imprimer Par Raphaël Pinet

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Dans l’un de ses derniers livres, consacré à l’attention et à la concentration, Daniel Goleman qui s’est fait connaître par son ouvrage sur l’intelligence émotionnelle, traite de l’empathie et rapporte plusieurs études convergentes sur la capacité d’empathie en fonction de la stratification sociale.

Pour résumer rapidement, les pauvres ayant besoin de leur entourage pour mieux s’en sortir, développent leur capacité d’empathie. Ils seront davantage en contact visuel avec les autres et détecteront avec acuité les messages non verbaux de leur interlocuteur. Plus en alerte, le « pauvre » a un plus grand souci de l’autre.

En revanche, ces études montrent qu’en montant dans l’échelle sociale ou dans la hiérarchie de n’importe quelle organisation, la personne qui se sent en position supérieure adopte une plus grande indifférence à l’égard des autres, répond moins vite aux messages et, finalement, montre tous les signes d’un retrait relatif par rapport aux interactions possibles de leur entourage perçu par eux-mêmes comme étant dans une position inférieure.

Ce propos m’a tout de suite fait penser à Jésus au milieu de ses apôtres ou en interaction avec les gens de rencontre durant sa vie publique. Que ce soit avec la Samaritaine ou avec l’aveugle Bartimée, avec le jeune homme riche ou tel apôtre appelé d’une manière si intense et si vécue, le Christ dévoile une présence aux autres absolument extraordinaire. Le visage de l’autre, cher à Emmanuel Lévinas, transparaît dans toutes ses rencontres. Cette présence intense interpelle ses interlocuteurs peu habitués à une telle densité de présence.

Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. (Marc 10, 21)

Comme parent dans notre famille, nous pouvons nous aussi nous sentir en position supérieure, que ce soit par rapport à nos enfants, plus ou moins jeunes, qui ne partagent pas encore le fardeau des responsabilités quotidiennes ou par rapport à un parent vieillissant qu’on peut déconsidérer dans ses facultés déclinantes. Happés par les soucis de la vie, nous pouvons dériver vers une bulle isolante qui nous détache des nôtres et nous rend finalement peu empathiques. Nous devons donc régulièrement faire un retour sur notre attitude au milieu de notre famille afin de mieux nous sentir en réciprocité au sein de cette communauté si riche afin de rester aussi empathiques que possible et partant, plus à l’image du Christ au milieu des siens, c’est-à-dire nous.

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