Dieu en famille,

Responsable de la chronique : Raphaël Pinet
Dieu en famille

La peur comme une bagatelle

Imprimer Par Raphaël Pinet

Le_cri_munchJe me souviens que mon père répétait à l’envi : « Le sage ne meurt qu’une fois mais le poltron souffre mille morts. » Il le disait d’une manière sentencieuse mais sans forfanterie, comme l’expression d’une sagesse qu’il avait forgée au fil des années.

Près de quarante ans après sa mort, il me revient avec tendresse cette phrase dans ces temps troublés où les médias nous entretiennent dans la peur permanente du lendemain. C’est vrai que notre univers a quitté les eaux calmes, que les valeurs de nos sociétés en pleine mutation en laissent plus d’un sans repère et sans identité et qu’enfin hurlent à nos fenêtres les loups de la haine et du désespoir.

Faut-il pourtant nous abandonner à cette désespérance généralisée, à ces prophètes de malheur ? Que dire à nos enfants des menaces de notre temps ? Doit-on les rassurer à tout prix au risque de leur raconter une nouvelle histoire de père noël ? Mais nous le savons tous, à l’heure où les enfants ont accès sans filtre à toutes les crudités du monde adulte, il y a belle lurette que Rudolph a perdu son nez rouge.

Une des voies pour affronter ces peurs est bien celle d’un maître japonais du XVIIe siècle, Miyamoto Musashi :

« Sous l’épée haut levée,
L’enfer vous fait trembler
Mais faites un pas en avant
Et vous découvrirez le pays de félicité »

Réagir par le mouvement à la peur qui paralyse ne fait pas disparaître le risque de vivre mais bien la paralysie qui s’empare de nous lorsque la peur nous envahit. L’affronter permet d’en réduire la taille à de plus justes proportions. Vivre et aimer réduit davantage encore l’emprise qu’elle peut prendre sur nos vies. Quand dans notre ancienne paroisse des Saints-Martyres-Canadiens, quelqu’un avait peur de se tromper, sœur Jeanne d’Arc Decelles de la Présentation de Marie, répliquait d’un grand rire : « Eh puis, qu’est-ce qui peut arriver de pire ? Que tu te trompes ! »

Il existe aussi une autre voie qui n’abolit pas la première : celle de se confier au Christ. « En toi, Seigneur, j’ai mon refuge » proclame le psaume 71. Non le refuge qui éloigne et isole, mais le roc sur lequel s’appuyer avec l’Esprit comme défenseur. Le Christ n’aplanit pas les difficultés – nous avons tous une coupe à boire – mais nous donne la force d’avancer à condition de mettre notre confiance en lui et de prendre son joug. Si seul nous prions Dieu, nous ne le serons jamais plus. Combien moins encore nous le serons si nous nous confions en famille dans le Seigneur !

 

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