Dieu en famille,

Responsable de la chronique : Raphaël Pinet
Dieu en famille

Nous sommes les membres du Christ

Imprimer Par Raphaël Pinet

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Je ne résiste à l’envie de retranscrire in extenso le petit texte que le docteur Christophe André a composé dans son livre récent Et n’oublie pas d’être heureux :

« Ça s’est passé un été. Après une journée très chaude, la famille s’est endormie en laissant toutes les fenêtres ouvertes, pour permettre à la fraîcheur de la nuit d’entrer dans la maison. Vers 3 heures du matin, un énorme orage se déclenche. Parfait pour rafraîchir, mais ça veut aussi dire, vu ce qui dégringole du ciel, de petites inondations autour des fenêtres ouvertes. A moitié éveillé par l’orage et par cette pensée (l’un sans l’autre n’aurait pas suffi), je me lève et commence à faire le tour des pièces pour fermer les fenêtres. Et je croise ma plus jeune fille, levée avec la même idée. Je lui demande ce qu’elle fait debout à cette heure, et elle m’explique qu’elle va, elle aussi fermer les fenêtres. Nous sommes les deux inquiets de la famille, donc rien d’étonnant à notre présence, mais tout de même, deux choses m’interpellent.

La première, c’est qu’à son âge elle se sente responsable des fenêtres de la maison (mais elle est comme ça, volontiers dans la responsabilité et l’empathie). La seconde, c’est que, mine de rien, les anxieux rendent service aux autres dans l’ombre. Bon, je le sais bien, mais là je le vérifie : pendant que les trois « peu inquiets » dorment ou se sont rendormis, les deux « trop inquiets » patrouillent et passent la serpillière. Grâce à quoi, ils se rendormiront. Demain matin, les trois dormeurs seront un peu plus en forme que nous et nous feront rire par leurs plaisanteries. C’est ce qu’on appelle la conjugaison des talents, non ? »

Ce court texte m’a tout de suite fait penser au film d’animation Vice Versa, ce film qui nous explique avec beaucoup d’humour le fonctionnement du cerveau du point de vue des émotions. Joie, Tristesse, Peur, Dégoût et Colère ne valent pas plus les uns que les autres. Si Joie met de la vie et de la gaieté, Dégoût met en garde les autres, Peur avertit du danger, Colère crie dans les situations perçues comme injustes et enfin Tristesse travaille main dans la main avec Joie vers de nouveaux horizons en teintant les doux souvenirs d’un voile de tristesse qui permet d’avancer vers de nouvelles expériences de vie.

Sans dire que chacun est figé dans une étiquette, j’ai pensé à tous les membres de ma famille. Chacun a sa personnalité et apporte sa façon d’être et sa façon de réagir de sorte que la famille, enrichie de tous ces apports, vit un peu comme un cerveau collectif, entre joie et tristesse, peur, dégoût et colère. Nous n’avons pas à privilégier qui que ce soit mais que tous et toutes y trouvent leur place pour que l’équilibre de l’ensemble soit assuré.

De la même façon, Saint Paul nous parle de l’Eglise comme le corps du Christ (1Co 12, 12-26). « Si l’ensemble était un seul membre, où serait le corps ?… Or vous êtes le corps du Christ et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. » Ainsi, la famille, par les talents de tous ses membres ainsi que leur qualité d’enfants de Dieu, est le premier lieu de l’Eglise du Christ, une petite église domestique dans la grande.

 

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