Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 4e dimanche de l’Avent (C)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Visitation Arcabas

Voici Noël !

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,39-45.
En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

COMMENTAIRE

Le récit de la visitation de la Vierge auprès de sa cousine Élisabeth est touchant et intense. Les émotions sont vives. L’atmosphère est à la joie, à la tendresse. Nos rencontres à nous sont souvent empreintes d’émotions. Ce n’est pas toujours pour la joie. Parfois la tristesse et la peine dominent. Quand bonté et douceur sont là, tout va mieux.

Au moment de préparer cette homélie, je me suis souvenu d’une visite que j’hésitais à faire. C’était en décembre 2006. Mon beau-frère, demeurant à Saint-Basile, dans Portneuf, n’allait pas bien. Atteint d’un cancer foudroyant, il n’en avait plus pour longtemps à vivre. Et j’étais là, à Québec, à me demander si j’irais le voir ce vendredi soir juste avant Noël. Mais j’avais mon homélie du dimanche à préparer. Je craignais aussi le verglas que la météo nous promettait pour plus tard dans la soirée. Mais je me suis dit : À quoi bon écrire et parler sur la visitation, si je n’en fais pas un peu les frais dans la réalité, en répondant à l’appel d’aller là-bas. J’y suis donc allé. Je suis arrivé chez ma sœur quelques minutes seulement après le décès de son mari. La maison était pleine de monde : les enfants, les petits-enfants étaient là, avec des frères et sœurs du défunt. Notre rencontre fut marquée de gravité, on le devine. Mais elle fut aussi un moment précieux de réconfort, de prière, de grande paix. Ensemble nous étions attentifs à plus grand que nous, tous tournés vers le mystérieux passage par où notre frère s’en était allé. Ce fut, je le pense, une vraie visitation.

Bien que la situation soit bien différente, nous avons dans cet évangile une rencontre, elle aussi, porteuse d’une belle humanité. Deux femmes sont en attente d’un évènement important pour chacune d’elle. Elles font l’expérience unique d’être enceinte, l’expérience rêvée de la maternité. On voit d’ici la lumière de leurs yeux, leur émerveillement. On les sent animées d’une belle énergie, d’une forte poussée de vie. Elles se réconfortent mutuellement; elles vivent une complicité qui les fait entrer dans le mystère de la vie, dans le secret d’une réalité qui les dépasse : la naissance prochaine chacune de leur enfant.

Le sens de cette scène d’Évangile est sans doute de nous faire saisir l’enjeu de ce qui se prépare, de tout ce qui se passe : le neuf que Dieu est en train de produire pour l’avenir du monde. Dieu, par ces deux femmes, nous fait signe. Un accomplissement formidable se produit chez Élisabeth (elle qu’on disait la stérile, au bout de son âge) et chez Marie (encore vierge et seulement promise) : « Car rien n’est impossible à Dieu », avait dit l’ange à Marie.

À chacune de ces deux femmes est donnée la preuve que la puissance de Dieu est à l’œuvre. L’Esprit-Saint leur donne de reconnaître la signification profonde de ce qui se passe en elle. Réconfortées ainsi dans la foi, elles entrent personnellement dans le mystère d’un Dieu qui se révèle le plus fort, qui leur démontre fidélité, tendresse, miséricorde.

Nous sommes nous aussi sollicités par l’annonce d’une nouveauté, alors que nous sommes mis en contact avec ces deux témoins privilégiées du mystère d’un Dieu qui agit. Vivons donc ce 4ième dimanche de l’Avent comme une étape d’ajustement, de mise à niveau de notre foi. Entrons par la porte de l’intimité et du respect que suggère la Visitation, pour contempler déjà le mystère de la Nativité du Sauveur. Les deux femmes en se visitant nous introduisent à la profondeur spirituelle voulue : leur action de grâce rejoignant celle du Christ lui-même au soir de la dernière cène. Accueillons la mémoire pascale, là où Jésus consomme son offrande au Père et nous la donne en partage. Ne nous a-t-il pas confié la louange parfaite en nous donnant l’Eucharistie?

2 réflexions au sujet de « Homélie pour le 4e dimanche de l’Avent (C) »

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