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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
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Faire Église autrement, pourquoi pas?

Imprimer Par Jacques Marcotte & Anne Saulnier
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Marc Pelchat

Le diocèse de Québec vient d’officialiser la nomination d’un nouveau vicaire général. La feuille de route du titulaire désigné est impressionnante : il possède une expérience pastorale importante, tout en ayant une formation poussée en théologie. Le fait qu’il ait occupé le poste de doyen de faculté pendant  plusieurs années nous permet de penser qu’il a pu bâtir un réseau intéressant de ressources pour d’éventuelles collaborations. Spécialiste en ecclésiologie, il saura sans doute apporter du souffle à nos communautés en manque d’enthousiasme et en appel de sens.

Une sensibilité pastorale éprouvée et de justes repères intellectuels, voilà des éléments importants pour bien accompagner l’Église d’aujourd’hui. Ces capacités nous semblent pareillement utiles et complémentaires dans la problématique actuelle de la vie de nos communautés chrétiennes où les enjeux sont considérables. En effet, il importe de fonder sur une pensée théologique rigoureuse ce que l’on fait actuellement, afin de permettre une distance critique suffisante, évitant ainsi l’improvisation et l’agir à l’aveuglette. En même temps, une bonne connaissance du terrain et des milieux humains qui tienne compte à la fois de la spécificité des contextes, des cultures et des situations sociales est primordiale si nous voulons que notre Église soit vivante.

Présentement, nous assistons aux regroupements des paroisses comme tentative de solution à un problème de démobilisation, du moins apparente, de la foi chrétienne. Nos églises sont nombreuses et souvent presque vides, et nous n’avons plus l’argent suffisant pour les entretenir. De plus, le personnel clérical qui y travaille est souvent épuisé et peut donner l’impression d’être dépassé par la situation. Rien ne va plus. Et pour cause! Les solutions que nous prenons ne sont-elles pas le prolongement, à plus grande échelle, d’un modèle qui s’est peut-être avéré efficace autrefois, mais qui, aujourd’hui, ne semble plus répondre aux besoins de nos communautés chrétiennes?

Il nous semble qu’il nous faut être attentifs à la vie. Ce qui veut dire être à écoute de l’Esprit qui crée la vie. Cela implique de ne pas avoir peur de la nouveauté. Il faudra changer nos attitudes, ouvrir des chemins neufs, enlever les malaises qui se sont installés avec le temps entre le personnel ecclésiastique et le monde laïc, élargir même notre créativité et permettre des initiatives, jusqu’à concevoir des ministères plus adaptés à une réalité nouvelle.

Depuis qu’elle existe, l’Église a toujours voulu répondre aux nécessités qui se présentaient à elle; sous l’inspiration de l’Esprit, elle a su adapter sa tâche ministérielle qui la porte vers le service. La structure pyramidale actuelle qui concentre le pouvoir décisionnel dans les mains de quelques-uns ne risque-t-elle pas d’éloigner de plus en plus les croyants? Pourquoi ne pas imaginer et même créer de nouveaux ministères mieux définis et bien structurés sous la responsabilité de l’évêque? Pourquoi, en ce temps où les vocations se font plus rares, ne pas modifier les critères d’accès à ces nouveaux ministères qui permettraient à des hommes et à des femmes « éprouvés » de prendre la relève et de faire un excellent travail.

Nous ne pouvons nier qu’il y a urgence d’agir, car il faut bien se l’avouer, nous étouffons dans un Église devenue trop étroite, et un peu d’air frais nous ferait le plus grand bien. Il faut donc nous mettre à la tâche sans plus tarder. La situation est complexe, mais si nous étions capable d’orienter notre réflexion différemment à partir, non pas de la structure pyramidale actuelle, mais de notre capacité d’imaginer le modèle d’une Église centrée sur sa mission première qui est celle de faire des disciples du Christ, nous aurions fait un grand pas en avant. Et pour cela, il faut oser la vie, en étant attentif au souffle de l’Esprit qui nous fait signe et nous inspire.

En collaboration,
Anne Saulnier et Jacques Marcotte, OP
Québec

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