Nous deux,

Responsable de la chronique : Caroline Pinet
Nous deux

Votre fille a vingt ans

Imprimer Par Caroline Pinet

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Votre fille a vingt ans, que le temps passe vite
Madame, hier encore elle était si petite
Et ses premiers tourments sont vos premières rides
Madame, et vos premiers soucis

On la trouvait jolie et voici qu’elle est belle
Pour un individu presque aussi jeune qu’elle
Un garçon qui ressemble à celui pour lequel
Madame, vous aviez embelli.

                                                              Georges Moustaki

Je me souviens que le père d’une de mes amies avait fait jouer cette chanson interprétée par Reggiani le matin de ses vingt ans. Et, voilà qu’à mon tour j’ai pu penser à ma fille aînée en me remémorant ce chant quand elle a eu ce même âge ! « Que le temps passe vite » effectivement !

Et vient le temps des amours, et mes enfants le traversent aussi comme des milliards d’individus depuis des millénaires… Et c’est un temps merveilleux ! L’amour nous transforme, nous embellit, nous remplit d’optimisme et de projets.

Ma fille aussi est transformée depuis qu’un jeune homme a croisé ses vingt ans l’été dernier ! Et, avec mes yeux de parents, je vois d’un bon œil le projet qui se tisse entre eux. Les amis autour d’eux ne comprennent pas le sens de leurs engagements qui se profile. Pour beaucoup de jeunes d’aujourd’hui il est préférable ne pas faire de plan du côté sentimental. Ne pas prendre d’engagements, car on ne croit plus trop au lendemain. Les films comme « l’amour dure trois ans » sont passés par là…

Les générations précédentes ont laissé un héritage peu reluisant de la vie conjugale. Les jeunes croient difficilement qu’un couple dure toute une vie ! En fait, en disant « durer », on a vite fait d’entendre « endurer ». C’est dommage ! Nous avons la responsabilité de démontrer que l’amour s’approfondit, et grandit avec le temps.

Et du côté des catholiques, qu’en est-il ? Comment réagissons-nous quand des jeunes veulent s’engager pour l’avenir ? Les encourageons-nous ? Croyons-nous en cette promesse d’amour ? L’aube est pleine de promesse et si belle…

Il nous appartient d’être rempli de confiance en l’avenir quand des jeunes sont équilibrés et adaptés l’un à l’autre. La jeunesse comprend sa part d’immaturité, certes, mais faut-il attendre d’être mûr pour espérer s’engager dans une union ? Echanger une promesse, c’est un pari sur l’avenir ! C’est aussi croire que demain existe et que l’on a tous les outils pour bâtir ce demain en cheminant ensemble.

Je lisais les propos d’une jeune femme qui vantait les mérites de son mariage à vingt-deux ans. Ses propos ne sont pas dénués de sens : on porte moins de bagages et de casseroles. On s’adapte plus facilement à l’autre. On a plus de temps pour vivre notre vie ensemble. On peut se forger des souvenirs de jeunesse ensemble. On construit notre vie dès le départ avec des moyens plus simples et on voit ensemble l’évolution de notre condition de vie !

Autrefois, les gens vivaient moins longtemps et se mariaient plus tôt. Nous véhiculons souvent aux jeunes l’idée que le mariage constitue l’arrêt de notre vie. La société affirme qu’avant de se marier et d’avoir des enfants il faut « vivre » ! Pourtant, j’ai ce fort sentiment que ma vie a enfin commencé quand je me suis mariée !

Quand je vois un jeune couple équilibré qui s’aime et qui a envie de s’engager, je loue le ciel ! Et je pense à Jean-Paul II « n’ayez pas peur ». Que les jeunes n’aient pas peur de construire un avenir conjugal « durable ».

 

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