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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 5e Dimanche de Pâques (B)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

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Comme on fait son jardin

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15,1-8. 
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage.
Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite.
Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous.
Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples.

COMMENTAIRE

Aujourd’hui encore l’évangile nous apporte une  image bucolique et champêtre, bien suggestive. Après celle du berger, l’image de la vigne, qui suggère plein de choses du côté de la vie. La vigne, une merveilleuse plante, complexe et fragile, étonnamment productive, mais qui nécessite beaucoup de soins. Avant de faire l’objet de la fierté du vigneron, elle aura nécessité beaucoup de son amour, de ses énergies, de son attention constante. Une véritable passion! Il en est comme des jardiniers d’ici. Qui ne se souvient pas du jardin familial? Que d’heures passées pour assurer la mise en route du potager : le soin à donner aux semences, à l’arrosage, au sarclage, à la taille et à l’élagage des plants. Tout ça pour hâter et maximiser la récolte le temps venu.

L’image de la vigne est très riche. Jésus n’est pas le premier à l’utiliser. On peut dire qu’elle fait partie de la culture biblique. Elle raconte une longue histoire d’amour et de soins, d’espoir et de larmes, de fierté et de tendresse, de patience et de miséricorde. Au cœur de cette histoire, il y a Dieu et son peuple. Une alliance d’amour entre les deux, qui se concrétise finalement dans la personne du Christ lui-même. Le Christ étant la vraie vigne, les disciples devenant membres vivants de cette vigne, où s’élaborent et se construisent enfin tous les fruits attendus, le vin nouveau du Royaume.

L’enseignement d’aujourd’hui vise à nous révéler  le mystère de notre branchement à la vigne, de notre rattachement à la vie du Christ. Il nous est dit jusqu’à quel point nous faisons corps avec lui, et comme c’est important.  La foi nous établit dans un lien vital et libre et confiant avec le Christ. Et cela nous donne d’être nourris d’une sève nouvelle, celle de l’Esprit qui passe en nous. Pour une demeure intime avec le Christ. En lui nous avons part à la vie même de Dieu. Notre condition chrétienne se doit, dans cette osmose ou cette symbiose, de produire du fruit.  C’est là tout le défi de notre appartenance à la vigne.

Et cette fécondité, elle dépend du vigneron, dont il nous est dit qu’il est à l’œuvre : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu’il en donne davantage. »  La vigne n’est pas laissée à elle-même, en friche. Elle peut compter sur le labeur du vigneron qui s’active à la purifier, à la nettoyer.  Non pas pour la mort et la séparation mais pour plus de vie et plus de fruits. Ce détail nous invite, il me semble, à revoir les épreuves qui nous arrivent dans notre expérience chrétienne. Nous sommes en des mains qui nous aiment. Le Père s’offre à nous affiner, à nous libérer, à nous dégager, pour que nous produisions tout le fruit attendu.

« Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous donniez beaucoup de fruit. »  Quelle insistance! De quel fruit s’agit-il donc? Curieusement l’histoire s’arrête là… avec tous ces fruits à produire, dont nous nous demandons ce qu’ils sont en vérité. Quels sont-ils ces fruits, sinon tout ce qui est bon et beau et profitable et nourrissant pour l’homme et la femme d’aujourd’hui. Tout ce qui rassemble et tout ce qui fait vivre et aimer.  Tout ce que nous faisons avec l’élan de l’amour et de l’amitié, de la paix et de la communion. Fruit d’abord de conversion, de pardon, de miséricorde. Fruit d’intelligence et de sagesse, fruits de l’Esprit et de toute charité. De ces fruits-là, nous n’aurons jamais assez.  Puissions-nous être toujours en mesure d’en produire!  Que nous en ayons le goût!  Nous en avons les moyens dans le Christ!  Pour cela rendons grâce!

 

2 réflexions au sujet de « Homélie pour le 5e Dimanche de Pâques (B) »

  1. Courbin Monique

    c’est un réel plaisir de visiter le site et de s’y plonger ne serait-ce qu’un court instant comme pour prendre une bouffée d’air frais.
    Merci et en union de prière/ Monique C.

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