Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Baptême de Jésus. Année B

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

2014_01_12_BapJes_s_002

Passage et nouvelle naissance!

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,7-11. 
En ce temps-là, Jean le Baptiste proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales.
Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »
En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain.
Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe.
Il y eut une voix venant des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

COMMENTAIRE

Nous avons tous vécu, chacun, chacune un événement marquant dans notre vie, où nous avions l’impression de basculer dans un monde nouveau. C’était pour nous l’occasion d’une prise de conscience importante. C’était peut-être une grande joie, ou peut-être une grande douleur. La rencontre inespérée de quelqu’un. Le passage d’une épreuve difficile, ou simplement le choc d’une confidence. Une maladie quelconque. Une réussite inattendue. Et puis après, c’était le sentiment que plus rien dorénavant n’allait être pareil pour nous.

Nous savions désormais beaucoup mieux qui nous étions. Nous voyions le monde d’un regard différent. Nous n’étions plus vraiment les mêmes. Les autres non plus n’étaient plus les mêmes pour nous. Nous avions le sentiment de pouvoir choisir notre vie, nous diriger par nous-mêmes vers des objectifs mieux définis. C’était comme si tout avait changé. Nous vivions quelque chose de nouveau, quelque chose comme une nouvelle naissance.

Bien sûr que de telles étapes sont déterminantes dans une vie. Bien sûr que ces étapes ne produisent rien de magique. Nous ne sommes pas pour autant dispensés de la suite. Nous sommes alors plus que jamais à un point de départ. Le véritable commencement. L’expérience existentielle que nous avons faite nous a renvoyés à nous-mêmes et à ces relations nouvelles que nous pouvons plus librement établir avec les autres. Voilà un jalon décisif pour marquer l’orientation de notre vie. Un sens a été trouvé. Un appel s’est fait entendre. Une mission s’annonce. Un chemin à parcourir avec enthousiasme, avec passion.

Le récit d’Évangile et les autres paroles d’aujourd’hui nous montrent Jésus en train de vivre un tel passage. Le baptême de Jean l’a attiré lui aussi, comme c’était le cas pour beaucoup de juifs sincères et sérieux de l’époque. Ce baptême fut l’élément déclencheur d’un moment très fort où Jésus a pris une vive conscience de son identité profonde. Il en fut grandement touché et affecté. On comprend qu’il s’agissait pour lui d’une expérience intime, personnelle, d’abord spirituelle, intense et lumineuse.

Remarquons bien la mise en scène déployée ici et toute la symbolique qui se déploie dans le bref récit de Marc. Il nous plonge dans cette inexprimable expérience. Jésus voit le ciel se déchirer et l’Esprit venir sur lui telle une colombe. Il entend la voix qui lui dit : « C’est toi mon Fils bien-aimé, en toi tout mon amour. » Le monde du divin fait irruption dans le nôtre; le ciel libère l’Esprit pour qu’il vienne reposer sur Jésus. Un esprit de tendresse et de paix, figuré par la colombe. On peut comprendre que toute cette révélation concerne Jésus dans sa personne et dans tout son être d’homme et de Dieu. C’est comme si le voile se levait tout d’un coup sur le mystère du Christ alors même qu’il va s’engager dans son parcours missionnaire en Galilée puis en Judée. Nous contemplons un événement unique, une expérience indicible, mystique, quelque chose de proprement divin. C’est dans l’Esprit que Jésus de Nazareth est lui-même plongé devant nous, c’est de l’amour du Père qu’il est comblé.

Nous apprenons mieux qui est le Christ aujourd’hui. Et nous apprenons mieux aussi qui nous sommes. Parce que nous avons part dans la foi à toute la richesse de son intimité. Il lève pour nous le voile sur son identité profonde et sur la nôtre. Il nous invite à communier à son bonheur de Fils bien-aimé, à entrer avec lui dans une relation d’amour avec le Père dans l’Esprit qu’il nous offre en partage.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Parole et vie

Les autres chroniques du mois