Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

2e Dimanche du temps ordinaire. Année B

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Une vie relationnelle

 Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  (Jn 1, 35-42)

UnknownEn ce temps-là,
Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples.
Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit :
« Voici l’Agneau de Dieu. »
Les deux disciples entendirent ce qu’il disait,
et ils suivirent Jésus.
Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient,
et leur dit :
« Que cherchez-vous ? »
Ils lui répondirent :
« Rabbi – ce qui veut dire : Maître –,
où demeures-tu ? »
Il leur dit :
« Venez, et vous verrez. »
Ils allèrent donc,
ils virent où il demeurait,
et ils restèrent auprès de lui ce jour-là.
C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi).

André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples
qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus.
Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit :
« Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ.
André amena son frère à Jésus.
Jésus posa son regard sur lui et dit :
« Tu es Simon, fils de Jean ;
tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.

COMMENTAIRE

Nous avons tous en mémoire des événements de notre enfance ou de notre adolescence, où des gens nous ont influencés et guidés vraiment sur le chemin de la foi.  C’était peut-être un parent, un frère ou une sœur, un proche, quelqu’un du village ou du voisinage. C’était une conversation, un conseil, une question. Un éveil s’est alors produit en nous avec le goût d’aller plus loin, de vivre quelque chose de plus personnel au plan spirituel et du sens à donner à notre vie. Il ne s’agissait peut-être pas encore d’éléments rationnels ou intellectuels. Ce n’était pas affaire d’argumentation ou de raisonnement, mais une expérience d’abord interpersonnelle.

Plus tard nous avons pu construire une pensée structurée sur le sujet.  Mais la première impression était liée au relationnel, à l’attirance; elle prenait la forme d’une grande ou d’une petite séduction.  C’est comme cela au plan religieux et spirituel.  Et c’est tant mieux. C’est le chemin tout simple que prend Dieu pour nous rejoindre. C’est à la portée de tout le monde.

Il est intéressant de noter que cette approche est privilégiée aujourd’hui dans les lectures. L’histoire d’abord du jeune Samuel, confronté à son mentor, le vieux prêtre Éli. Il en a fallu du temps pour qu’enfin l’homme s’étonne et comprenne que Dieu voulait parler à l’enfant.

De même dans l’Évangile, c’est un véritable jeu de chassé croisé qui conduit les disciples à changer d’appartenance, quand ils font lentement l’apprentissage de Jésus pour aller jusqu’à demeurer chez lui.  Nous sommes ici sur le terrain très relationnel des contacts de parenté, de proximité physique ou culturelle, des réseaux dans lesquels se réalise un apprivoisement qui pose tranquillement les bases d’une Église.

Enfin, S. Paul ose nous parler d’un sujet où nous sommes souvent mal à l’aise. Il aborde notre relation au corps, si souvent problématique. Notre corps  souvent nous fait peur; nous avons plutôt appris à le mépriser, à nous en méfier. Le corps qui demande surtout qu’on soit bon pour lui. Notre corps, notre premier compagnon, le sujet premier de notre expérience intime.  S. Paul nous en rappelle la dignité, la beauté, la sainteté dans le Christ Jésus. « Rendez gloire à Dieu dans votre corps.»

Tout cela va bien, il me semble, avec le thème de l’unité chrétienne qui engage ce dimanche et toute la semaine qui vient. Notre chemin, il va des uns vers les autres, ou des uns contre les autres, ou des uns à côté des autres : avons-nous décidé de notre attitude profonde et de notre orientation relationnelle véritable ?  Sommes-nous des gens qui s’éloignent, ou qui se rapprochent, ou qui s’indiffèrent. Nous avons sans doute besoin de revenir, en œcuménisme comme ailleurs, au « b- a- ba » d’une fréquentation interpersonnelle correcte pour réussir, l’Esprit Saint aidant, la rencontre des frères et sœurs séparés.

La parole d’aujourd’hui nous convie à l’authentique présence des uns aux autres, à la simplicité dans nos rapports mutuels, au respect de nous-mêmes et des autres : des attitudes nécessaires pour un rapprochement sain et authentique avec les autres. C’est par là seulement que nous pourrons enfin atteindre progressivement à l’unité chrétienne que nous cherchons.

Une réflexion au sujet de « 2e Dimanche du temps ordinaire. Année B »

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