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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

4e dimanche du temps ordinaire. Année B

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gravure dore bible - jesus guerit un muet possede du demon

C’est Lui le plus fort !

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,21-28. 
Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, Jésus se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.
On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »
Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. »
L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui.
Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. »
Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.

COMMENTAIRE

Chaque année il arrive que des pays d’Europe, d’Amérique ou d’ailleurs procèdent à des élections pour désigner des premiers ministres ou des présidents pour leur gouvernement. Les médias suivent de près les campagnes en cours. Ils évaluent ses chances de chaque candidat. Au-delà des partis pris, on se demande qui est le plus inspiré, qui va mériter la confiance des électeurs. Personne ne veut d’un dictateur qui imposerait de force sa loi et ses plans ; personne ne veut de quelqu’un qui déciderait de tout sans consulter, pas plus que de quelqu’un d’instable ou d’incertain. On cherche l’homme ou la femme qui répondra aux attentes profondes du peuple et qui aura l’autorité voulue.

Dans sa présentation de Jésus de Nazareth, Saint Marc nous montre d’emblée Jésus de Nazareth avec tout l’aplomb d’un gagnant. Nous sommes encore au début du récit évangélique, où il fut d’abord question de Jean Baptiste vers qui des pécheurs repentants se tournaient pour que leur conversion soit authentifiée par le baptême d’eau auquel les soumettait le prophète. Jésus, on l’a vu, s’était montré solidaire de ce mouvement pénitentiel. Or l’événement de son baptême fut l’occasion pour lui d’être reconnu par le Père lui-même et d’être investi d’Esprit Saint. L’Esprit, on s’en rappelle, pousse d’abord Jésus au désert pour qu’il y soit tenté par le diable. Au sortir de cette épreuve, dont S. Marc nous en parle avec la plus grande discrétion, Jésus se retrouve au bord du lac de Tibériade où il appelle des pêcheurs à le suivre.

Et nous arrivons avec lui et les 4 disciples à Capharnaüm. C’est le jour du sabbat. Ils vont dans la synagogue. Jésus prend la parole comme il en a le droit et il parle avec autorité. Chacun l’écoute, tout étonné. Cet homme les rejoint dans leur soif de lumière et de vérité, dans leurs attentes profondes. Nous, nous savons son secret : d’où lui vient cette puissance de parole, sinon du fait qu’il est lui-même Parole en tout son être ? N’est-il pas le Verbe, la Parole de Dieu en personne offerte aux croyants et aux croyantes ? Comment pourrait-il ne pas parler, ne pas enseigner avec autorité ? Il a en lui une force et une ressource qui lui donne d’apporter nouveauté et enthousiasme. Il soulève les énergies de ceux et celles qui s’ouvrent à lui et qui ne demandent rien de plus que de pouvoir se tourner vers le bien.

Certains cependant – et en fait un peu tout le monde – ont voulu faire taire le maître et le prophète, éteindre la lumière. Le cas se présente justement ce jour-là dans la synagogue. Un opposant se déclare : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?  Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es, le Saint de Dieu »  Le possédé a une façon typique et subtile de vouloir contrôler Jésus et prendre une avance sur lui. Il prétend le connaître. Mais la confrontation tourne mal pour l’esprit mauvais. Jésus rejette ses prétentions et le chasse d’autorité : « Silence, sors de cet homme. » Pour le moment le Mauvais s’en va, mais nous savons maintenant qu’il reviendra, à l’heure de la passion et de la croix.

Toutefois celui que le mal a vaincu pour un temps, le Père l’a relevé d’entre les morts. Et le voici de nouveau qui nous parle et nous instruit aujourd’hui du Règne de Dieu. Encore aujourd’hui et jusqu’à toujours, il oriente nos pensées et nos élans vers l’essentiel. Il apporte enseignement et libération. Il produit en nous une liberté, un goût de vivre et d’aimer, de croire et d’espérer. Et tout devient possible sous le regard de Dieu, dans le royaume qu’il fait advenir, nous associant à ses combats, pour un règne de lumière et de paix, de justice et de vérité. « Voilà bien un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. »

 

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