Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

3e dimanche du temps ordinaire. Année B

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,14-20. 
Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »
Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs.
Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets.
Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.

Le temps presse !

Le message des écritures ce matin est marqué du signe de l’urgence. Urgence pour Jonas d’aller à Ninive. Urgence pour les gens de Ninive de se convertir. « Encore 40 jours et Ninive sera détruite! »

Urgence à mettre de l’ordre et des priorités dans nos vies. « Le temps est limité…Le monde tel que nous le voyons est en train de passer. »

Urgence de croire en la bonne nouvelle du Règne de Dieu. « Les temps sont accomplis. Le Règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »  Urgence de suivre Jésus jusque dans sa mission, jusqu’à changer pour lui l’orientation même de nos vies. « Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. »

Urgence qui appelle une promptitude à répondre. Non pas spontanéité, fébrilité, énervement. Comme quelqu’un qui est en retard et qui se dépêcherait pour échapper à un jugement, à une punition. Mais plutôt promptitude de celui ou celle qui ne veut pas manquer le rendez-vous offert, la chance inespérée qui lui est donnée. Parce que c’est le moment créé par Dieu lui-même. Quand passe le train, il faut être là pour embarquer, pour ne pas le manquer. Quand c’est l’heure fixée pour un cours, pour un programme, on est là ou bien on manque l’événement.

La promptitude dont il s’agit n’est pas celle d’un coup de tête ou d’une fantaisie, mais celle d’un coup de cœur : comme une réponse d’amour au grand amour dont nous sommes aimés. C’est la rencontre de quelqu’un. La découverte de quelqu’un. Ce quelqu’un, c’est le Christ, qui nous appelle à le suivre.

Son appel nous est relayé de bien des façons, en des circonstances toujours particulières.  Il fait bon nous les redire à nous-mêmes et les dire aux autres. L’appel du Seigneur, c’est toujours concret, personnel, fait sur mesure. Il sait nous rejoindre dans ce qui fait déjà notre vie.  Il fait appel à notre liberté, à nos ressources. Ce n’est pas pour nous rendre solitaires, renfermés dans une bulle, fermés aux autres, bien au contraire, son appel est pour la communauté, pour les autres. « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. »

Nous qui avons répondu à son appel, nous sommes l’ecclesia de Dieu, l’assemblée de ceux qui ont répondu à son appel. Non pas passivement, sans but, sans attente, sans idée, sans génie. Nous sommes là pour aimer, l’aimer lui et nous aimer les uns les autres, pour vivre passionnément, pour changer le monde, pour avoir part à l’œuvre du salut – cette grande partie de pêche dont parle Jésus – et entrer toujours plus dans le mystère de l’amour de Dieu pour le monde.

Puisse cette eucharistie nous donner de goûter à la joie de Dieu, nous renforcer d’Esprit Saint, faire de nous tous des pêcheurs d’hommes à la manière des apôtres, à la manière du Christ Sauveur.

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