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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
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Une re-connaissance

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Dans un bureau d’un hôpital, un médecin ouvre le dossier d’un malade. Il lit un nom, une adresse, une date de naissance, un numéro d’assurance sociale, quelques renseignements sur la situation sociale du patient, son état de santé, les étapes de sa maladie, les traitements à suivre, les médicaments à prendre. Refermant le dossier, le médecin peut dire qu’il sait des choses sur son patient. À partir d’une fiche signalétique, il peut dire qu’il connaît quelqu’un. Il en connaît l’existence. Il possède sur cet individu un certain nombre de caractéristiques.

Sur la route de Jérusalem à Emmaüs, deux hommes échangent avec un troisième. Ils parlent de Jésus. Ce Jésus, originaire de Nazareth, semblait être un prophète. Les chefs des prêtres et les dirigeants l’ont condamné. Il est mort. On pensait qu’il serait le libérateur du pays. Une rumeur court à l’effet qu’il serait ressuscité. Cléophas et son compagnon présentent les faits. Ils parcourent une fiche signalétique. Ils racontent les bribes de connaissance qu’ils possèdent sur Jésus.

Plus de 2000 ans plus tard, des hommes et des femmes parlent encore de Jésus. Ils disent : «Il a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux…» En disant cela, ces hommes et ces femmes récitent une formule. Ils peuvent la réciter froidement comme on lit une fiche signalétique, une lettre circulaire, une annonce publicitaire.

Ces hommes et ces femmes ne sont pas nécessairement disciples de Jésus parce qu’ils récitent cette formule. Ils peuvent même fréquenter l’église chaque dimanche, prononcer des prières, pratiquer des sacrements, sans jamais véritablement croire en Jésus. Comme le médecin n’est pas en amour avec un malade parce qu’il a consulté son dossier.

La foi n’est pas une formule mais une rencontre. La foi n’est pas une connaissance mais une re-connaissance. Comme les disciples qui voyageaient de Jérusalem à Emmaüs, nous cheminons nous aussi. Nous cheminons de notre naissance à notre mort. Sur la route, un inconnu nous rejoint. À nous aussi, il demande : «De quoi causiez-vous donc, tout en marchant?» Alors, en relisant nos drames et nos bonheurs, il nous montre dans l’écriture de notre vie tout ce qui le concerne.

Puis un geste ouvre nos yeux et nous le reconnaissons. Un geste : quelqu’un qui donne sa vie, quelqu’un qui rend service, qui partage un peu de pain, quelqu’un qui prend le temps d’en écouter un autre… Devant ce geste, nous proclamons : «C’est vrai! Le Seigneur est là. Il est vraiment ressuscité.»

Le véritable acte de foi est là. Il n’est pas une formule, il est une rencontre. Il n’est pas une simple connaissance, il est une re-connaissance.

Dans cette re-connaissance, notre cœur est brûlant pendant que nous écrivons le roman de notre vie, pendant qu’il nous aide à découvrir à travers nos graffitis les écritures de Dieu.

Notre cœur n’était-il pas brûlant, cette semaine, quand il nous disait le sens de nos tristesses comme de nos joies, le sens de nos rêves et de nos projets, le sens de nos fidélités, et même le sens de notre péché et de nos faiblesses?

 

2 réflexions au sujet de « Une re-connaissance »

  1. Jean-Marie Sala

    Et dire que cette page était blanche vendredi soir….

    L’Esprit a bien travaillé!

    Gros merci!… une fois de plus!

    JMS

    Répondre
  2. Enrico Magnani

    Je suis un pretre italien. Pendant de nombreuses années, j’ai lu chaque semaine ce billet hebdomadaire. Je suis heureux d’avoir rencontré dans le cibersapce le père Gagnon. Parfois, je suis inspiré par ses écrits, dans « mon » billet pour mes paroissiens de Milan. Merci pour ce grand cadeau! avec tuote ma affection fraternelle. Enrico
    P.S. Je demande pardon pour mon français …

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