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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
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Faut-il encore des dimanches?

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Les anciens disaient de la semaine de Pâques : un grand dimanche long de toute une semaine! Et le temps pascal : une semaine de longs dimanches!

Le dimanche! Ça s’entendait bien autrefois! Quand on ne travaillait pas ce jour-là. Quand toute la population s’endimanchait et se rendait à l’église pour l’eucharistie. Et qu’on passait le reste de la journée à se visiter. Aujourd’hui, la plupart des gens travaillent le dimanche, chez eux ou ailleurs, et c’est la minorité qui se rassemble à l’église.

Devant un tel changement, une question s’impose : faut-il encore des dimanches? Les dimanches sont-ils des restants d’une vieille institution, dépassée dans la culture actuelle?

Jésus n’a pas fait de théologie du dimanche, mais il a posé des gestes importants, des gestes qu’on a commencé à comprendre tout de suite. Le premier jour de la semaine après sa mort, le jour de sa résurrection, il a rencontré ses disciples. Et le huitième jour après sa résurrection, un jour au-delà de la semaine, il a de nouveau retrouvé les siens. Et les siens ont compris que le dimanche devenait un jour important pour rencontrer le Seigneur ressuscité d’entre les morts.

Entre le premier jour de la semaine et le huitième jour, Thomas a appris la première visite de Jésus. Il a douté. Dans l’apparition qui a suivi, paroles et gestes du Seigneur auprès de Thomas ont révélé aux disciples comment la rencontre deviendrait possible dorénavant, de huit jours en huit jours.

Désormais, on ne verra plus le Christ en chair et en os. On ne pourra plus toucher les cicatrices de sa crucifixion. C’est autrement qu’on le rencontrera. On le rencontrera en se rencontrant les uns les autres. Le dimanche permettra la naissance et la croissance de l’Église. On se retrouvera avec le Christ en étant fidèles à écouter l’enseignement des apôtres, en vivant en communion fraternelle, en rompant le pain et en participant aux prières. L’écoute de la Parole, la vie fraternelle, l’eucharistie, la prière. D’un seul cœur, pour être un seul corps du Christ. Voilà notre héritage, comme dit saint Pierre. Dieu nous fait renaître grâce à la résurrection du Christ pour une vivante espérance.

Et comment renaissons-nous? Nous renaissons ensemble en devenant ensemble le corps du Christ. Quand nous nous rassemblons le premier jour de la semaine, nous devenons ensemble la présence du Christ ressuscité. Présence à nous-mêmes d’abord : dans l’assemblée, le Christ est offert à notre foi. Présence aussi au monde : quelque part sur la terre, le Christ est présent parce que de ses disciples sont rassemblés. Quelque part sur la terre, une portion de l’humanité reconnaît que cette humanité est en train de devenir petit à petit le corps du Christ.

Voilà pourquoi il faut encore des dimanches. Et il en faudra jusqu’à la fin des temps. Pour que soit tenue la promesse du Christ : «Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps.»

 

Une réflexion au sujet de « Faut-il encore des dimanches? »

  1. Gabriel OP

    Merci cher frère Denis pour tes commentaires liturgiques du dimanche, pertinentes, concrètes et profondément enrichissantes pour la foi des fidèles qui les lisent et s’en inspirent!

    Répondre

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