Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Dimanche de l’Ascension

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

L’Ascension, une Fête !

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

COMMENTAIRE

Il m’est déjà arrivé de penser que l’Ascension n’était pas un jour de fête. N’était-ce pas plutôt un temps de tristesse et de deuil, une brisure dans la belle relation établie par Jésus avec les siens ?  L’Ascension, c’était la disparition du Seigneur. On éteignait le cierge pascal pour dire son départ. Élevé au ciel, il n’était plus accessible, il nous était enlevé. Cela  ne pouvait être que triste. C’était comme si Jésus nous abandonnait.  Est-ce bien de cela qu’il s’agit vraiment?

De fait je n’ai pas vu dans les textes liturgiques, autant dans la messe que dans la Prière des heures, de quoi être triste, au contraire. On souligne partout le caractère festif de cet événement. Même qu’autrefois on en faisait un jour férié, le jeudi de la 6e semaine de Pâques, dix jours avant la Pentecôte. C’est d’une fête de joie et d’espérance qu’il s’agit.

D’abord il faut nous dire que la grande tristesse que nous rappelle chaque année la liturgie chrétienne, c’est la passion et la mort du Christ : son agonie, son arrestation, sa condamnation, sa mort en croix et sa mise au tombeau. C’était nos souffrances qu’il portait, nos blessures dont il était affligé. Dieu a voulu en venir jusque là pour épouser notre humaine condition.  Ces mystères douloureux nous émerveillent pourtant, tellement ils nous révèlent le grand amour dont Dieu nous a aimés dans le Christ.

Ce parcours de souffrance et de mort ne pouvait pas être le dernier mot. Depuis le matin de Pâques, le soleil du ressuscité a paru dans le monde. La clarté d’une espérance illumine le ciel des croyants. Quoiqu’il arrive nous savons que nous sommes du côté de Pâques. Le Christ ressuscité des morts ne meurt plus. Sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir. Le ressuscité a vaincu la mort, notre mort. Il est apparu aux disciples en homme nouveau et libre.  Il fait d’eux des hommes et des femmes libres et sauvés.  D’où notre joie, une joie rien ni personne ne peut nous enlever.

La fête de l’Ascension – ce matin – nous permet de le souligner avec force : Pâques a marqué à jamais un changement dans nos rapports avec Dieu.  Certes le Christ ressuscité n’est plus là physiquement à nos côtés, mais il nous est présent d’une façon toute spirituelle et surnaturelle. Si le Christ s’élève dans le ciel, ce n’est pas pour fuir ni pour s’évader. Ce mouvement nous dit que sa victoire est totale et définitive. Il ne se cache pas, il nous emporte avec lui en quelque sorte, il vient vers nous et nous allons vers lui, par la foi, dans la joie de l’espérance et la force de l’amour. C’est ainsi que notre relation au Christ peut désormais se vivre au plan le plus intérieur et le plus personnel de nos vies. Alors que tous ensemble nous composons avec lui son Corps qui est l’Église, dont il est la tête. Il est le chef glorieux et sauveur. Sa puissance de vie rejoint tous ses membres.

Et si Jésus donne rendez-vous aux disciples en Galilée, l’évangile nous dit que c’est pour leur confier une mission. L’événement rapporté ce matin est d’une grand importance. Se retrouver en Galilée c’est se retrouver chacun chez nous en quelque sorte. C’est partir de notre terrain familier, le milieu ordinaire et très fréquenté de nos labeurs, de nos joies, de nos rencontres, de nos amours. C’est là que le Seigneur ressuscité nous donne rendez-vous. Il nous convie pour nous dire qu’il nous aime. C’est de là qu’il souhaite nous voir partir pour aller vers les autres et leur annoncer l’amour du Père et la joie du salut. C’est là qu’il nous fait confiance et nous communique déjà de son énergie spirituelle, qui fait notre joie constante, notre élan renouvelé, notre bonheur d’aimer comme lui, de rayonner sa présence et de dire son pardon au cœur du monde.

 

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