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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
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L’histoire du carême

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Un peu d’histoire pour mieux comprendre le carême.

Les premiers chrétiens n’avaient qu’une seule fête : la mort-résurrection du Christ célébrée à chaque dimanche, jour du Seigneur. Le dimanche est encore la grande fête de la mort et de la résurrection du Sauveur.  C’est Pâques chaque dimanche, même durant le carême. C’est pourquoi, traditionnellement, les chrétiens refusaient de se mettre à genoux le dimanche. La position du Ressuscité, c’est debout. Et c’est debout aussi pour les croyants au Christ, premier né d’entre les morts. Donc les premiers chrétiens célébraient Pâques chaque dimanche.

Au deuxième siècle, on décide de réserver une journée dans l’année pour célébrer, dans la prière et le jeûne, la passion et la résurrection. La grande Solennité de Pâques devient alors le centre et le sommet de l’année liturgique.

Au troisième siècle, on prolonge la fête pendant cinquante jours. Et on clôture ces réjouissances par la Pentecôte. Le temps pascal est vécu comme un long dimanche, comme si le jour de Pâques était étiré durant cinquante jours, une semaine de semaines, sept fois sept jours, plus la fête de la Pentecôte, un jour au-delà…

Ensuite, on allonge la période préparatoire de jeûne : vendredi (mort du Christ), samedi (repos au tombeau), puis plus tard jeudi (Cène) et toute une semaine qui devient la semaine de la passion, la Semaine sainte.

Enfin, on allonge le temps de jeûne à trois semaines, pendant lesquelles se fait la préparation des futurs baptisés, particulièrement par la lecture de l’Évangile selon saint Jean et les rites des scrutins.  Dès le quatrième siècle, on ajoute encore deux semaines de prière et de jeûne pour rejoindre le chiffre symbolique de quarante jours en souvenir des quarante jours de Jésus au désert et des quarante ans de l’exode des Hébreux.

Notre carême est né. Il commençait par une petite cérémonie pour l’inscription des pénitents publics dont la réconciliation avait lieu le jeudi saint. C’est l’origine du mercredi des cendres.

Si vous faites le calcul : du mercredi des cendres jusqu’au samedi saint, il y a plus de quarante jours. Concrètement, les dimanches ne font pas partie du carême; ils sont demeurés des jours de Pâques.

On saisit à la lumière de ce survol historique comment le carême est tout entier orienté vers Pâques, comme une longue préparation par le jeûne, la prière et le rappel de notre baptême.

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