Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Simon Lessard
Le rosaire dans la ville

Je vois un arbre qui marche ! Le Portement de la croix

Imprimer Par Simon Lessard

À l’exemple de Marie qui retenait tous les événements de la vie de son fils et les méditait en son cœur, nous vous proposons chaque mois une méditation d’un mystère de la vie du Christ pour mieux prier le Rosaire. Car comme le rappelait Paul VI : « Sans la contemplation, le Rosaire est un corps sans âme ».  Nous espérons ainsi vous donner le goût de vous arrêter et de poser un regard amoureux sur Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie.

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La voilà devant toi, Seigneur. La croix.

Elle se dresse comme un mât majestueux en deux poutres de mauvais bois. Il est rugueux et laid ce bois de la croix, plein d’échardes et plein de nœuds, bientôt collant de sueur et de sang. Elle est bien laide, bien pauvre et bien défigurée, Seigneur, la vie d’un pécheur. Comment pourras-tu prendre toutes ces vies sur toi, dans tes deux bras, avec cette croix ?

Te voilà devant elle, Seigneur, et tu t’avances pour porter la croix.

La voilà sur toi, Seigneur. La croix.

Et ta démarche est lourde du poids de cette croix, car tes pieds soulèvent à chaque pas le fardeau de l’injustice. Et dans la foule qui t’aperçoit marchant, titubant puis trébuchant, est-ce lui cet aveugle de Béthsaïde ? Est-ce lui qui parlait déjà de toi lorsque, guéri et voyant pour la première fois, il te dit : « J’aperçois les gens : ils ressemblent à des arbres qui marchent. » (Mc 8,24) Avait-il compris celui-là que tout homme ressemble à un arbre parce que tout homme porte une croix ? Avait-il compris que, seulement dans l’amour, la croix n’est plus gibet, mais arbre de vie et de joie ? Avait-il compris que nos racines sont dans le ciel pour que les fruits de nos croix couvrent la terre ?

La voilà sur toi, Seigneur, mais est-ce toi qui la portes cette croix ou est-ce elle déjà qui nous porte avec toi ?

La voilà à côté de toi, Seigneur. La croix.

Et un simple homme qui passait par là, revenant des champs, Simon de Cyrène, il la porte pour toi cette croix. Vois Seigneur, près de toi, cet homme que tu sauves sur la croix. Vois aussi Seigneur, loin de toi, tous ces hommes que tu sauves, tout de même, sur la croix. Et tout à l’heure, qui est proche déjà, lorsque tu arriveras sur le Golgotha, lorsque le Dieu de Vie dominera le Lieu-du-Crâne, regarde-la Seigneur une dernière fois cette croix sur laquelle tu nous sauvas et devant laquelle nous nous inclinons comme si elle était toi.

La voilà à côté de toi, Seigneur, et tu traces sur nos corps sauvés le signe de la croix.

Fr. Nicolas Burle, O.P.

 

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