Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Deuxième dimanche du Carême. Année A

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Tout ça pour nous donner son Fils !

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (17, 1-9)

Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l’écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est heureux que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. »
Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre ; et, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ; écoutez-le ! »
Entendant cela, les disciples tombèrent la face contre terre et furent saisis d’une grande frayeur.
Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et n’ayez pas peur ! »
Levant les yeux, ils ne virent plus que lui, Jésus seul.

En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

COMMENTAIRE

La Parole de ce dimanche évoque d’abord pour nous la grande figure du patriarche Abraham. Nous le retrouvons au moment décisif où Dieu l’appelle. Alors qu’il se met en marche vers un ailleurs. Il doit quitter son pays, sa famille et la maison de son père. C’est beaucoup. Il partira à l’aventure. Sur un appel et les avances du Seigneur, il  part donc avec des promesses plein son âme. Dieu l’assure qu’il le bénira. Qu’il sera père d’une multitude. C’est en croyant tout ça et celui qui lui parle, qu’il part. Il se voit déjà le père d’une famille immense. Nous partons nous aussi sur des promesses, celles d’un Dieu qui ne saurait nous tromper.

Et nous savons la suite. Les vicissitudes rencontrées par nos pères, leurs avancées et leurs reculs sur des chemins jamais encore fréquentés. Le projet de Dieu passe par bien des méandres. Les hébreux étaient un peuple parmi d’autres. Ils devaient lutter pour tenir. Ils connurent les souffrances et de bien petits bonheurs. Dans un dialogue sporadique avec eux, Dieu instruisait les patriarches, il les corrigeait, les bénissait encore et encore, malgré leurs fautes, malgré tout. Ainsi en est-il de nos avancées et de nos reculs aujourd’hui. Le Seigneur est bien patient à notre égard comme il le fut pour nos ancêtres dans la foi.

La Parole de ce jour évoque aussi les figures de Moïse et d’Élie. Deux personnages fameux en Israël. Leurs interventions ont compter pour beaucoup dans l’évolution historique du peuple de Dieu. Moïse a pratiquement donné naissance de ce peuple, lors du passage des Hébreux à travers la mer Rouge. Puis il l’a accompagné dans un long périple au désert. C’est là qu’un jour sur une montagne Dieu fera alliance avec eux. Moïse faisait le lien avec Dieu. Il portait avec courage le destin d’un peuple à la nuque raide.  C’est beaucoup plus tard qu’a surgi Élie, le prophète atypique, dont la mémoire est demeurée fortement présente en Israël. Élie, l’homme de Dieu, sur la montagne, lui aussi, pour défendre la foi. Élie, le pauvre homme en fuite, assoiffée, découragée, qui appelle la mort. Restauré par le viatique que Dieu lui dispense, il poursuit sa marche au désert et fait à la fin la rencontre à l’Horeb du Seigneur de miséricorde dans une brise légère.

Ces deux témoins majeurs sont là ce matin pour nous introduire au mystère du  Christ. Accompagné de ses trois disciples préférés, Jésus était venu sur la montagne pour, sans doute, y rencontrer son Père dans la prière. Et voilà que cette circonstance est amplifiée par la vision qui s’offre aux trois disciples. Le visage de leur maître brille comme le soleil et ses vêtements sont tout en lumière. Il faut immortaliser ce moment de grâce et de bonheur. C’est ce qui vient à l’esprit de Pierre. À défaut d’une photo, il voulait apprivoiser les deux prophètes, Élie et Moïse, tous deux en compagnie de leur maître « transfiguré ». Pierre voudrait les retenir. Comme pour les fixer dans une galerie de grands hommes. Or ils ne sont là, tous les deux, que pour s’entretenir avec Jésus, pour l’encourager à poursuivre son chemin. C’est Jésus qui est important dans cette vision. Élie et Moïse disparaissent bientôt dans la nuée pour laisser toute la place à Jésus seul. C’est lui le Fils qu’il nous faut écouter et suivre. Il est l’aboutissement de toute cette longue marche au désert. Ne cherchons plus pour quelqu’un d’autre. Le Verbe de Dieu nous est donné. Et avec lui la vie, la lumière, le monde nouveau.

S. Paul l’a bien compris qui écrit à Timothée. « Dieu nous a donné une vocation sainte, à cause de son projet à lui et de sa grâce (…) cette grâce devenue visible à nos yeux.  Notre Sauveur, le Christ Jésus a détruit la mort, il a fait resplendir la vie ». À nous donc de prendre notre part dans l’accueil et l’annonce de cet Évangile.

Nous sommes venus de loin, de très loin. Mais voilà que maintenant nous voyons le terme du voyage. La chose se sait. Dieu accomplit ses promesses. Aussi faut-il  nous le redire et le proclamer partout dans le monde : le Christ ressuscité a fait resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Évangile.

 

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