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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
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François, l’ami des jeunes

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Cet été se déroulaient les JMJ à Rio de Janeiro. Ce fut pour les jeunes catholiques de tous les pays l’occasion de se rencontrer, d’échanger sur leur foi et sur le sens spirituel de leur vie. Ils étaient curieux de voir et surtout d’entendre le message du nouveau pape François. L’événement suscitait d’autant plus l’intérêt que, depuis son élection, le pape n’a cessé de nous étonner par son originalité, sa non-conformité, et que ce voyage représentait pour lui véritablement une première en dehors de Rome. Nous étions donc en droit de nous attendre à de l’inattendu. Quel serait son message, dans le contexte d’aujourd’hui, pour ces jeunes avides de sens? Qu’allait révéler de lui-même cet homme que nous connaissons encore bien peu ?  Que nous dirait-il de ses préoccupations, de sa vision d’avenir, dans ses gestes et ses prises de parole à Rio ?

Par ailleurs, nous pouvions penser que, pour l’essentiel de ces rencontres, tout était déjà convenu d’avance et depuis fort longtemps, de sorte que le pape François allait se produire dans un contexte déjà bien défini, qui laissait peu de place à l’initiative.

Comme nous pouvions le supposer, le pape a eu le souci d’apporter aux jeunes le message brûlant de Jésus pour leur vie, mais au lieu d’un exposé magistral, il leur a partagé ses convictions personnelles et sa confiance dans l’énergie qui les habite. Ce pape n’a pas peur de la contestation et il n’hésite pas à inciter les jeunes à changer le monde et à refuser les compromissions douteuses.

Ainsi, au cours de la Veillée de prière avec eux, il les galvanise par son style particulier et il les met en mode engagement pour construire un monde meilleur en les incitant à « jouer à l’attaque », comme le font les athlètes du football. Comparant l’estrade où se déroulait la cérémonie à une église construite avec des pierres vivantes, il leur parle de l’Église, dont ils sont les pierres vivantes, en s’incluant lui-même comme pierre de cette Église.

Non seulement il leur donne une direction, mais il leur explique également le moyen d’y arriver en citant mère Teresa: « Ça commence par toi et par moi. »  Et suit cette question insistante : « Si je devais commencer par moi, par où commencerais-je ? » Lui-même s’avançant, on peut supposer qu’il entraîne avec lui toute l’Église.

En tous ses entretiens, le pape revient toujours à l’essentiel, la miséricorde de Jésus. Ainsi, dans son discours lors du Chemin de croix, après avoir rappelé aux jeunes que « personne ne peut toucher la croix de Jésus sans y laisser quelque chose de lui-même et sans porter quelque chose de la croix de Jésus dans sa vie », il les invite à méditer sur le sens que prend la croix pour eux et il les incite à se laisser contaminer par l’amour du Christ crucifié, à sortir d’eux-mêmes pour aller à la rencontre de l’autre, car  « la croix nous enseigne à regarder toujours l’autre avec miséricorde et amour. »

« Allez, sans peur, pour servir » résume le pape dans son homélie à la Messe de clôture. « Par ces trois paroles, vous expérimentez que celui qui évangélise est évangélisé, celui qui transmet la joie de la foi, reçoit davantage la joie. »

Jacques Marcotte, OP

avec la collaboration d’Anne Saulnier.
Québec

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