Dieu en famille,

Responsable de la chronique : Élaine Champagne, l.o.p.
Dieu en famille

Désinstallez-vous !

Imprimer Par Raphaël Pinet

A l’imitation de Stéphane Hessel qui s’indignait voilà peu, nous aurions envie de crier « Désinstallez-vous ! » pour éviter de nous enfermer dans nos certitudes et nos habitudes débilitantes. Jésus ne nous dit-il pas dans l’Evangile de Mathieu que le Fils de l’Homme n’a pas où reposer sa tête, sans cesse en déplacement pour évangéliser les foules. Il y a peu, le jour de l’Assomption pour être plus précis, le prêtre de notre nouvelle paroisse dans son homélie suggérait fortement que les paroissiens soient dans le mouvement, sans cesse en mouvement pour ne pas se figer et mieux répondre à la dynamique de l’Evangile.

Oui mais voilà ! En famille, il n’est pas toujours aisé de se déplacer, de bouger, de déménager, de partir après s’être intégré, de quitter ceux qu’on a commencé à apprécier, les nouveaux amis, les nouveaux lieux de travail pour partir encore et encore un peu plus loin.

Pourtant, le nomadisme du Seigneur pendant les trois ans de son enseignement n’est pas une métaphore mais une réalité. Néanmoins, dans le quotidien d’aujourd’hui, à moins de faire le choix d’une vie de famille frugale et itinérante _ choix tout à fait respectable mais pas à la portée de tous _ il nous faut approfondir comment vivre cet appel au grand large dans la compatibilité de la vie moderne.

L’enracinement est nécessaire pour s’engager et approfondir les liens nouveaux. Le défi est de vivre l’incertitude au milieu des nouvelles habitudes qui finissent par nous sécuriser. Concrètement, chacun de nous au sein de la famille doit s’interroger régulièrement sur la nature de ses relations. Relations avec les membres de sa famille, relations dans son école, son lycée, ses études supérieures, relations de travail, relations amicales. Tout doit être régulièrement mis à plat pour répondre à une interrogation : la personne avec qui je suis en relation dans tel contexte (familiale, etc.) est-elle une vraie personne pour moi, suis-je une personne à part entière pour elle ou la relation s’encroûte-t-elle au point que l’un des deux est un objet et non un sujet dans cette relation ? En bref, est-ce j’utilise la personne à mes fins _ aussi louable soient-elles _ ou est-ce que je m’efforce de la reconnaître avec le regard de Jésus comme unique et précieuse ?

S’interroger, c’est déjà rendre à la relation le souffle de la vie.
Désinstallez-vous !
Interrogez-vous !

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