Nous deux,

Responsable de la chronique : Caroline Pinet
Nous deux

L’amour en courtepointe*

Imprimer Par Caroline Pinet

6a00d8341c0cc953ef010536ed8f44970cQuel noble métier que celui du tisserand ! Il passe la trame sur les fils de chaîne et selon les couleurs choisies, la qualité des fils, il réalise une œuvre d’art continue sur plusieurs centimètres. Nous comparons souvent l’amour à une toile qui se tisse au fil du temps, en imaginant que seule cette histoire régulière est l’image de l’amour conjugal idéal.

Mais nos amours au quotidien ne ressemblent pas à ces belles étoffes bien constantes. Nos amours sont plus près des réalisations de couvertures en patchwork. Car  être tisserand,  seul Dieu  y parvient, dans sa perfection. Nous, nous n’arrivons pas à être parfait sur du si long terme. Nous parvenons à faire de jolis petits bouts de chemin par-ci, par-là. Il nous arrive d’être très aimants, très détachés de nos intérêts. Il nous arrive de penser à faire de la place à l’autre, de l’écouter vraiment, de chercher à vraiment l’aimer. Oui, il nous arrive d’aimer vraiment l’autre… d’entrer dans l’amour divin, celui auquel Dieu nous appelle dans le sacrement du mariage.

Nous y arrivons, mais jamais vraiment longtemps, car nos égoïsmes reviennent en fanfare ! Nos intérêts reprennent le dessus, et nous surveillons la justice avec la jauge bien de notre côté dans la balance !  Ainsi sommes-nous faits. Et Dieu connait bien nos limites. Il nous invite pourtant à poursuivre sans cesse notre œuvre d’art conjugale sans découragement.

Jamais ne devons-nous baisser les bras devant la bonté, l’amour, la tendresse, la vérité auxquels le mariage nous fait l’honneur de nous inviter. Nous n’allons pas y arriver tous les jours, qu’à cela ne tienne. Il nous faut poursuivre sans cesse ce travail en nous-mêmes pour l’amour de l’aimé(e).
Certains, se désespèrent de l’autre, d’eux-mêmes en cours d’ouvrage… Ce qui laisse quelques carrés de tissus épars, sans unité, ici ou là.

D’autres poursuivrons, sans trop savoir ce qui résultera de tous ces petits morceaux d’amour découpés, épars et sans unité. A force de persévérance, les coupons s’assembleront avec des contrastes harmonieux, et il s’en détachera une certaine harmonie. Nous ne parvenons pas à être parfaits en tout temps, mais tous nos bouts d’amour réunis finiront par former cette magnifique courtepointe conjugale qui affichera le labeur de toute une vie à deux.

*Courtepointe : patchwork

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