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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
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Pâques au ras des pâquerettes

Imprimer Par Denis Gagnon

Ces jours-ci, le président de la Banque mondiale a attiré l’attention sur la pauvreté dans le monde. M. Jim Yong Kim estime que 1,3 milliard d’êtres humains vivent dans un dénuement extrême. 870 millions sont victimes de la faim. 7 millions d’enfants de moins de cinq ans meurent chaque année.

Le président de la Banque mondiale reconnaît que les choses s’améliorent. Lentement mais sûrement. «La proportion d’humains vivant dans l’extrême pauvreté est tombé de 43% en 1990 à 21% en 2010.» (Éric Desrosiers, Le Devoir, 3 avril 2013, B 2) Le taux de mortalité causée par la malaria a chuté de 75% au cours des dix dernières années. 40% moins de morts parmi les tout jeunes enfants.

«Nous sommes à un tournant de l’histoire, dit M. Kim, où les succès des décennies antérieures et les perspectives économiques de plus en plus favorables se conjuguent pour offrir aux pays en développement une occasion, la toute première, d’éradiquer l’extrême pauvreté en une génération.» Selon le président, la victoire sur la pauvreté serait atteinte d’ici 2030.

Pour parvenir à une vie décente pour tous, il faudra poursuivre des objectifs exigeants. Il faudra principalement des objectifs de solidarité. À cause de la crise économique, les pays riches se préoccupent moins d’aider les pays pauvres. «Les 25 pays membres du Comité d’aide au développement de l’OCDE ont ajouté 4% de coupes, l’année dernière, aux 2% de réduction en termes réels qu’ils avaient déjà apportés à leur aide financière en 2011. La baisse en 2012 était la plus marquée en plus de 15 ans.» (Éric Desrosiers, Le Devoir, 4 avril 2013, B 1)

En plein temps pascal, on attire notre attention sur la pauvreté. On nous rappelle que la résurrection, tout spirituelle qu’elle soit, touche aussi les conditions concrètes de nos vies quotidiennes. Reconnaissons-le : elle n’a pas encore atteint sa pleine stature. Il reste beaucoup de chemin à parcourir. La victoire sur le mal et sur la mort, si elle est réalisée dans la personne du Christ, reste à faire chez les autres humains. Comme elle est avant tout la victoire de l’amour, il faut nous questionner sur l’attention que nous portons au partage et à la solidarité. Nous ressuscitons dans la mesure où nous consentons à ressusciter les autres. La Pâque nous atteint les uns par les autres dans les plus humbles situations comme dans les grandes. Pâques, c’est aussi au ras des pâquerettes!

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