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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
Billet hebdomadaire

À propos de dressage

Imprimer Par Denis Gagnon

Il fait beau. J’en profite pour faire quelques pas au soleil. Quelques mètres devant moi, un chien reçoit sa leçon de dressage. Un peu fou malgré les remontrances du maître, il finit par saisir qu’il faut marcher à gauche du monsieur. De temps à autre, une pause : il faut s’asseoir et écouter le jargon de celui qui tient la laisse!

Je ne connais rien dans le dressage des animaux, mais je devine qu’il faudra beaucoup de séances pour satisfaire le maître. Avec le temps, le chien saisira qu’il y a des choses qui ne se font pas et même que les choses qui se font se font d’une manière particulière…

Quand il aura assimilé la politesse canine, le petit «Pitou» fera le bonheur du propriétaire. On en sera bien fier. Mais, lui, profitera-t-il pleinement de sa vie de chien? S’ennuiera-t-il de la belle époque où il vivait en pleine liberté? Se souviendra-t-il du temps où il pouvait japper à sa guise et pas nécessairement dans les formes imposées par les humains?

Je nous trouve chanceux de ne pas subir de dressage comme les animaux. Mais échappons-nous vraiment à ces formes d’apprentissage? Autour de nous, en nous-mêmes, se dresse un nombre incalculable d’appels au conditionnement. La culture que nous partageons avec nos compatriotes crée en nous une mentalité particulière, différente d’une région à l’autre. Nous apprenons à communiquer les uns avec les autres dans des langages qui nous marquent profondément. Devant un événement, le chilien ne réagit pas comme le coréen. L’un et l’autre ont appris, et apprennent encore, à démêler les choses selon des critères appris au fil des années.

Malgré tous ses conditionnements, l’être humain demeure un être libre. La liberté fait partie de son trésor intime. Elle est une caractéristique de son humanité. Elle assure son bonheur. Grâce à elle, il peut être responsable de ses actes, se tenir debout en face de la vie. Grâce à elle, il peut aimer…

La liberté va jusqu’à tracer la route vers Dieu. Le concile Vatican II en a parlé avec justesse : «Cette liberté, nos contemporains l’estiment grandement et ils la poursuivent avec ardeur. Et ils ont raison. Souvent cependant ils la chérissent d’une manière qui n’est pas droite, comme la licence de faire n’importe quoi, pourvu que cela plaise, même le mal. Mais la vraie liberté est en l’homme, un signe privilégié de l’image divine. Car Dieu a voulu «le laisser à son propre conseil» pour qu’il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en adhérant librement à lui, s’achever ainsi dans une bienheureuse plénitude.» (Constitution pastorale sur l’Église dans le monde de ce temps, 17)

À ce niveau, on est bien loin du dressage et du conditionnement. La liberté atteint ici son plein épanouissement.

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