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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
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Il faut plus…

Imprimer Par Denis Gagnon

Trois femmes tristes. Trois femmes que la beauté du matin n’éblouit pas. Trois femmes qui vont de surprise en surprise. Nous pourrions même préciser qu’elles vont de peur en peur. En route elles sont inquiètes à l’idée de ne pas trouver quelqu’un pour rouler la pierre. Sur place, elles découvrent l’entrée du tombeau dégagée. En entrant, elles font face à un jeune homme tout de blanc vêtu. Il a l’allure d’un ange, mais le récit précise que les femmes sont saisies de peur. Et quand le jeune homme leur annonce la bonne nouvelle de la résurrection de Jésus, les femmes sortent du tombeau et s’enfuient, toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Le jeune homme leur avait demandé d’annoncer la nouvelle, mais elles ne disent rien à personne, car elles ont peur.

Pourtant, la résurrection faisait partie du programme. Jésus avait dit au moins quelques fois: «Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes; ils le tueront et lorsqu’il aura été tué, trois jours après, il ressuscitera.» (Marc 9, 31)

Trois jours après, il ressuscitera. Les femmes ont oublié cette partie du programme. Elles étaient pourtant des disciples de Jésus, des vraies apôtres. Elles croyaient fermement en lui. Mais la mort a dégonflé leur foi. La confiance s’est changée en bouleversement. Et cette affaire de résurrection les fait trembler de peur.

L’Évangile est en train de nous dire que la résurrection ne va pas de soi. Les femmes ont peur. Les disciples se barricadent dans une maison. Le jour de l’Ascension, l’Évangile précise que certains ont encore des doutes. Il nous est bon de recevoir ces témoignages.

Et ce qui est encore plus sérieux, rien ne semble changé dans l’histoire bien concrète de l’humanité depuis la résurrection de Jésus. Des gens continuent d’être heureux. D’autres, d’être malheureux. La maladie poursuit ses ravages. La haine aussi. Et la mort n’est pas disparue pour autant.

Nous ne pouvons pas nous contenter de nous dire que le Christ est ressuscité d’entre les morts. Il faut davantage qu’une célébration dans l’aube matinale. Il faut plus que des chants, plus qu’un orgue et qu’une trompette qui nous font vibrer. Il faut davantage que des paroles poétiques et des récits merveilleux. Il faut plus que la célébration de notre baptême et de notre confirmation. Il nous faut toute l’année, d’une Pâque à l’autre, et même toutes les années qu’il nous reste à vivre, avec leurs grandeurs et leurs misères, avec leurs pleins jours comme avec leurs ombres, avec leurs eucharisties et leurs engagements quotidiens, avec leurs ruptures comme avec leurs réconciliations. Il nous faut toute la vie pour laisser la résurrection du Christ prendre racine dans nos existences et porter tous les fruits qui mûrissent en elle.

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