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Responsable de la chronique : Marius Dion, o.p.
Témoins du Christ

Un lieu-témoin… pour transmettre la foi?

Imprimer Par Clau Lombriser

Le frère dominicain CLAU LOMBRISER fut pendant 17 ans curé de la Communauté francophone de Zürich. Aujourd’hui, père maître des étudiants au couvent de formation Saint-Hyacinthe de Fribourg. Il témoigne de « la prière commune comme chemin royal pour transmettre la foi ».

S’il y a dans ma vie de prêtre une chose que je regrette sincèrement c’est bien de ne pas avoir proposé plus souvent la prière ! La réserve et la pudeur caractéristique de notre époque à l’égard de cet acte combien intime et personnel m’ont parfois empêché d’inviter à prier ensemble. Encore dernièrement, alors que je venais de recevoir la visite d’un diacre catholique et de son épouse, l’un et l’autre missionnaire au Kazakhstan. Au terme de notre entretien, je me suis limité à les accompagner poliment à leur voiture. Eux non plus n’ont osé délier nos langues, alors que le Notre Père était sur les lèvres.

Cette conversion à la prière a mis du temps à frayer son chemin dans ma vie. Graduellement, elle s’est imposée comme évidence au curé de paroisse que je fus durant 17 ans. Et même comme passage privilégié qu’aime emprunter la transmission de la foi.

C’est un véritable drame de constater que trop de rencontres et de réunions ecclésiales, administratives ou autres se trouvent privées de la dimension spirituelle que leur accorderait une prière en commun. Proposée comme la chose la plus naturelle du monde, elle se révélerait rapidement bénéfique, notamment à la fin d’une journée de travail. L’homme est fait pour prier et sa foi grandit et se renforce en priant.

Les enfants du catéchisme et les jeunes de l’aumônerie seront les premiers bénéficiaires de cette pédagogie vénérable que la religion chrétienne propose en guise d’initiation. Le catéchumène, ne reçoit-il pas à un moment donné de son initiation le « Notre Père » ? Pas de leçon de catéchisme, pas de soirée de parents, pas de sortie scoute sans chants et prières. Initiés de la sorte, adolescents et adultes apprennent non seulement à prier, mais découvrent qu’ils sont capables de prier. Puissant facteur de cohésion, la prière commune rend les jeunes complices d’une expérience singulière dont ils découvriront rapidement qu’elle n’est pas à la portée de tous leurs amis et copains.

On sait que la prière personnelle et communautaire tient une place de choix au sein des Équipes Notre-Dame. Les foyers en bénéficient, tout comme les communautés chrétiennes elles-mêmes. Ce n’est pas par hasard que d’autres groupes paroissiaux, moins structurés, s’en inspirent. Ainsi les Jeunes foyers de la paroisse francophones de Zurich. Just married il y a quelques années, et devenus depuis parents, ils ont rapidement acquis l’heureuse habitude d’ouvrir leurs soirées mensuelles par un moment de prière ponctué par la lecture de l’évangile du jour, d’intercession et du « Notre Père ». En cela, les initiés entraînent les novices, les confirmés, les hésitants. La parole se libère en priant.

Sans vouloir trancher de la relation entre foi et prière, force est de constater qu’on devient croyant en priant. Proposer de prier et oser prier ensemble pourrait donc bel et bien constituer un chemin royal de la transmission de la foi.

Ce texte est extrait de la revue SOURCES, janvier-mars 2013 (N°1–XXXIX), numéro intitulé « Évangéliser ? Oui. Mais comment ? ».
Adresse : SOURCES, Rue du Botzet 8 – C.P. 224, CH-1705 Fribourg / Suisse,
http://www/revue-sources.org

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