Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

3e dimanche de l’Avent. Année C.

Imprimer Par Dominique Charles, o.p.

Soyez toujours dans la joie du Seigneur!

Les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? » Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! » Des publicains (collecteurs d’impôts) vinrent aussi se faire baptiser et lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. » A leur tour, des soldats lui demandaient : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites ni violence ni tort à personne ; et contentez-vous de votre solde. » Or, le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Messie. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s’éteint pas. » Par ces exhortations et bien d’autres encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

COMMENTAIRE

Le prophète Sophonie prêche à Jérusalem alors que la ville est menacée par l’armée assyrienne qui se rapproche après avoir conquis beaucoup de villes et royaumes voisins : « Pousse des cris de joie, Jérusalem ! Réjouis-toi ! Sois dans l’allégresse ! Le Seigneur est en toi et il va faire rebrousser chemin à tes ennemis ! » Le peuple n’a rien à craindre car son Seigneur est chez lui, il le protège : « Ne crains pas ! Le Seigneur ton Dieu est en toi ! » Plus étonnant est ce que dit ensuite le prophète : « Le Seigneur aura sa joie en toi ! » et « il dansera pour toi avec des cris de joie ! » C’est Dieu qui danse pour son peuple et qui fait danser son peuple. Une danse de victoire, une fête du salut. Dieu a vaincu l’ennemi de sa ville. Saint Luc s’est inspiré de ce passage du livre de Sophonie dans la salutation de l’ange Gabriel : « Réjouis-toi, Marie ! Le Seigneur est avec toi ! »

Dans la foi, nous avons la conviction profonde que le Seigneur est au milieu de nous, en chacun de nous ; au-dedans de nous, Il nous invite à ne rien craindre. Il est fort en nous contre tout ce qui nous menace. Faisons-lui confiance dans nos difficultés, nos épreuves, nos luttes, nos péchés. S’il a décidé de venir chez nous, c’est pour être notre Sauveur. Dieu veut habiter chez nous, il a décidé d’être de notre côté. Cela ne devrait-il pas nous faire chanter et danser ?

Pourtant, beaucoup d’entre nous vivent des moments difficiles en ces temps de crise grave. Ils sont désemparés par de terribles difficultés. Certains désespèrent, persuadés qu’ils ne vont jamais en sortir. D’autres en arrivent à douter même de Dieu et de sa présence parce qu’Il ne résout pas leurs difficultés. Ils perdent la joie de vivre, la confiance et l’espérance. Nous ne sommes pas assez attentifs aux détresses de nos proches. Pouvons-nous rester, insensibles et indifférents, à distance de ceux qui désespèrent ?

Dans l’épître aux Philippiens, Paul nous invite à la joie : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur ! Laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie ! » Il n’est pas question ici de joie extérieure et superficielle, de cette pseudo joie qui vous anime quand vous buvez trop de vin ou de bière. Paul parle de cette joie profonde que l’on reçoit comme une grâce, un cadeau de Dieu : c’est la joie même de Dieu en nous ! Cette joie, que Jésus appelle « parfaite », nous pouvons la transmettre car ce n’est pas notre joie mais celle du Seigneur. Cette joie-là est celle qui réjouit Dieu quand il nous sauve de nos peurs, de nos infidélités, de nos péchés. Noël, c’est la joie de Dieu donnée aux hommes ! Cette joie de l’Esprit Saint qui fait chanter et danser. Jésus vient pour nous la communiquer. Avec l’Incarnation, la joie de Dieu vient naître chez les hommes pour faire chanter leurs cœurs : « Mon âme exalte le Seigneur ! »

Jésus vient, dit Jean-Baptiste, « avec sa pelle à vanner à la main, pour nettoyer son aire à battre le blé : il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s’éteint pas ! » C’est une pratique traditionnelle dans les villages palestiniens : on envoie en l’air les épis de blés qui ont été battus au sol afin de séparer les grains de blés qui tombent sur le sol de la paille qui est emportée par le vent ou qui est brûlée. Le but est donc de séparer. C’est une image du jugement… Si la joie du Seigneur est au fond de nos êtres, quoi qu’il nous arrive, nous sommes avec lui et nous n’avons rien à craindre ! « Ne crains pas ! Tu n’as pas à craindre le malheur ! », s’écrie Sophonie. « Ne soyez inquiets de rien ; vivez en toutes circonstances dans l’action de grâce et la paix de Dieu sera dans vos cœurs », écrit Paul. C’est ainsi que nous rayonnerons dans nos vies la joie de la Bonne Nouvelle de Dieu.

Ne nous endormons pas. Travaillons plutôt à nous convertir, changeons de vie. C’est à cela que Jean Baptiste nous provoque. Réfléchissons : « que devons-nous faire » pour accueillir la joie contagieuse du Seigneur dans notre vie ? Que devons-nous changer pour nous mettre avec joie au service les uns des autres ? Jésus nous a laissé un seul commandement sur lequel nous serons jugés. En le pratiquant, nous aurons en nous la joie parfaite. Courage ! « Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l’action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer, gardera votre cœur et votre intelligence dans le Christ Jésus. »

fr. Dominique Charles, o.p.

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