Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

4e dimanche de l’Avent. Année C.

Imprimer Par Dominique Charles, o.p.

Que notre nuit soit remplie de lumières…

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

COMMENTAIRE

Quand les mages venus d’Orient, guidés par l’étoile, arrivent à Jérusalem, ils demandent au roi Hérode : « où est le roi des Juifs qui vient de naître ? » Les chefs religieux appelés par Hérode disent que c’est à Bethléem et ils citent l’oracle du prophète Michée (première lecture). Pour arriver au moment de la naissance de Jésus, les mages ont dû se mettre en marche bien longtemps avant ! Ils ont fait un très long chemin pour venir s’agenouiller devant le nouveau-né ! Ils se sont laissé guider par l’étoile. On attend souvent l’Épiphanie pour placer les mages dans la crèche. C’est un peu regrettable : pourquoi ne pas les y placer dès maintenant ? Ne sont-ils pas aussi des personnages de l’Avent ? Ils ont scruté le ciel en quête de signes annonciateurs d’un renouvellement du monde et ils se sont déplacés pour rencontrer Celui qui vient de beaucoup plus loin qu’eux. Et parce qu’ils attendaient sa venue, ils l’ont rencontré.

Les mages représentent tous les hommes qui attendent la venue de Dieu dans le monde. Ils représentent tous ceux qui « espèrent contre toute espérance » (Rm 4,18) et, en cela, ils sont de dignes fils d’Abraham, notre grand modèle dans la foi et l’espérance, cet homme venu aussi d’Orient parce que Dieu le lui avait demandé. Ressemblons-nous à Abraham ? Ressemblons-nous à ces mages ? Sommes-nous des gens « orientés », qui avons des racines en Orient ? Le mot « Orient » que l’on trouve deux fois dans le récit de la visite des mages (Mt 2,2.9) traduit le mot grec « analolè » (d’où viennent le mot « Anatolie » et le beau prénom « Anatole »). Le mot grec évoque le lever du soleil. Sommes-nous des guetteurs qui attendent impatiemment la naissance du Christ dans la nuit épaisse du monde, comme on attend le spectacle du lever de soleil au sommet de l’Assekrem dans le Hoggar ou au sommet du Djebel Moussa dans le Sinaï ?

Ce n’est pas par hasard si la date de la fête de Noël tombe au moment où nos nuits sont, dans l’hémisphère nord, les plus longues. Personne ne connaît la date de naissance de Jésus ! Mais tout le monde sait bien que cette naissance vient illuminer la terre où les hommes ont tant de mal à s’entendre même pour sauvegarder notre petite planète terre. Si nous plaçons des guirlandes dans nos rues, nos places, nos maisons, n’est-ce pas pour éclairer la nuit d’hiver, pour la rendre belle et lumineuse ? Mais, sommes-nous illuminés surtout dans nos cœurs ? L’étoile de l’espérance s’est-elle levée au fond de notre cœur comme dans le ciel des Mages ? Nous sommes-nous mis en marche pour assister au lever du grand soleil ?

Le grand chemin que nous avons à parcourir est celui de la foi. Une marche vers Dieu. Une marche guidée par Lui. Souvent, on fait ce chemin dans la nuit, guidé par la petite étoile de l’espérance. Mais ce qui compte c’est de nous mettre en marche, comme Abraham, comme les mages, comme Marie qui, elle aussi, s’est mise en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée pour saluer sa cousine Élisabeth. Mettons-nous en quête de la vraie lumière dont nos guirlandes ne sont que de très pâles reflets. La vraie Lumière du monde vient naître à Noël en chacun de ceux qui la cherchent et l’attendent et qui ont préparé dans leur cœur une crèche pour accueillir cette Lumière de Jésus.

Car nos cœurs doivent devenir « Bethléem », la « maison du pain », la demeure du Christ. Car nos cœurs doivent devenir lumineux. C’est là surtout qu’il nous faut célébrer la fête de Noël. Préparons vite la place de Jésus dans notre cœur. Mettons-nous en marche vers Jésus au plus profond de nous-mêmes. Alors, c’est sûr, nous contemplerons Celui que nous cherchons et nous deviendrons des « lumières du monde ». Car si Jésus a dit : « Je suis la lumière du monde » (Jn 9,5), n’a-t-il pas dit aussi : « vous êtes la lumière du monde » (Mt 5,14) ? Si chacun de nous devient une lumière du monde, l’Église sera une immense guirlande de petites lumières vivantes et la nuit du monde sera pleine de lumières ! Alors s’accomplira ce que dit le Psaume : « la nuit comme le jour sera lumière ! » (Ps 139,12). « Maranatha ! Viens Seigneur ! » (1Co 16,22 ; Ap 22,20). Que notre nuit soit lumière !

fr. Dominique Charles, o.p.

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