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Le temps qu’il nous reste

Imprimer Par Jacques Marcotte

Novembre a sonné. Avec sa fête de tous les saints et saintes. Avec ses pensées pour nos morts.

Novembre de l’Amérique du Nord ou de l’Europe, avec ses dernières résistances à l’hiver, à cet hiver qui va bientôt tout faucher, tout désarmer, tout détacher sous nos yeux.

Sentiments d’impuissance de nos vies à résister à la mort, au vieillissement, à cet arrachement qui depuis si longtemps se prépare et qui soudain va nous emporter avec le reste, inexorablement.

Il nous prend alors ce désir de ne pas en finir là, cette volonté de résister, de tenir envers et contre tout. Et surtout de nous reprendre, de tout recommencer… s’il en était seulement possible. Désir de vivre encore et toujours. Désir irrépressible. Volonté qui se heurte pourtant à ce qui parait inéluctable.

Et s’il nous était alors demandé, comme autrefois à nos ancêtres en leur courage et leur sagesse, – comme au gland qui dort en terre avec en lui le rêve et l’énergie du plus grand chêne – de vivre plus en dedans de nous-mêmes, pour nous préparer à ce lendemain qui déjà chante en nous, à ce printemps qui nous attend, dont nous ne soupçonnons ni la véritable odeur ni toutes les couleurs ni surtout toutes les énergies, mais qui s’annonce et s’amène puissamment dans l’Espérance qui nous tient, qui nous est donnée, qui vers demain nous emporte.

Et si tout le temps présent – celui de novembre et des autres jours – nous valait le temps précieux de nos plus beaux rêves, de nos gestes d’amour et de partage plus généreux encore, gestes de ceux et celles qui s’activent infatigablement pour bâtir, avec la force donnée de l’Esprit, le Royaume, tranquillement et sûrement, à la grandeur du rêve de Dieu.

Jacques Marcotte, O.P. – Marseille

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