Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

7e Dimanche du temps ordinaire. Année B.

Imprimer Par François-Dominique Charles

Jésus est dans la maison de Simon et d’André

Jésus était de retour à Capharnaüm, et la nouvelle se répandit qu’il était à la maison.
Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, même devant la porte. Il leur annonçait la Parole.
Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes.
Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.
Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »
Or, il y avait dans l’assistance quelques scribes qui raisonnaient en eux-mêmes :
« Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »
Saisissant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu’ils faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenir de tels raisonnements ?
Qu’est-ce qui est le plus facile ? de dire au paralysé : ‘Tes péchés sont pardonnés’, ou bien de dire : ‘Lève-toi, prends ton brancard et marche’ ?
Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre,
je te l’ordonne, dit-il au paralysé : Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi. »
L’homme se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient stupéfaits et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »

COMMENTAIRE

Jésus revient à Capharnaüm et saint Marc ajoute qu’il était « dans la maison ». C’est « la maison » de Simon et d’André (Mc 1,29) où Jésus a guéri la belle-mère de Simon (Mc 1,30-31). Cette maison de Pierre et d’André où Jésus se trouve, c’est l’Église où beaucoup de gens se rassemblent pour écouter la parole de Jésus. Voici que surgissent 4 hommes qui portent un brancard sur lequel se trouve un homme paralysé. Cet homme ne peut pas aller seul jusqu’à la maison en raison de son handicap physique. Il a besoin des autres pour aller écouter la Parole de Jésus ! Voilà encore une belle image de l’Église ! N’avons-nous pas besoin des autres pour aller vers Jésus ? La communauté de Jésus devrait être fondée avant tout sur la fraternité et la solidarité. Nous appartenons à un peuple, à une famille : sommes dépendants les uns des autres !

Nous pouvons certainement nous interroger. Nous arrive-t-il d’aider quelqu’un à se rendre à la messe ? Nous arrive-t-il de proposer à certaines personnes âgées ou malades de les conduire en voiture, de les accompagner à l’église, de leur porter la communion après la messe ? Portons-nous dans notre prière le souci de ceux qui sont isolés ? Sommes-nous quelque peu attentifs à nos voisins ou venons-nous à la messe le dimanche sans nous soucier de quiconque ? Le danger ne nous guette-t-il pas d’« assister à la messe », à l’heure et au lieu qui nous arrange, sans chercher à rencontrer quelqu’un ou même à saluer ceux qui s’y rendent aussi ?

La suite de l’histoire nous apprend que la foule empêche les porteurs du paralytique de le conduire à Jésus. La communauté chrétienne pourrait-elle devenir un obstacle, un barrage pour ceux qui veulent entendre la parole de Jésus ? Cela est, hélas, possible si nous choisissons d’écouter la parole du Seigneur sans nous ouvrir à la présence des autres. Nous n’accueillons pas assez nos frères. Nous ne faisons pas assez attention aux autres. Quand des personnes nouvelles arrivent à une messe paroissiale, il est fréquent qu’elles ne soient ni saluées, ni accueillies. Elles sont un peu comme ce paralytique dont les porteurs doivent déployer une stratégie incroyable pour le conduire à Jésus. La porte étant obstruée par les auditeurs de Jésus, les quatre hommes font descendre le brancard à travers le toit jusqu’aux pieds de Jésus ! C’est admirable de la part des amis du paralysé mais c’est un scandale que la foule ait fait obstacle en ne s’ouvrant pas pour laisser passer le brancard ! Nous manquons trop dans nos églises de personnes silencieuses et attentives aux autres que représentent ici les quatre porteurs du paralytique. Ce sont de telles personnes qui permettraient à nos communautés de mieux s’ouvrir et d’être plus accueillantes. Le récit de l’évangile est centré sur cet homme silencieux venu du dehors qui est déposé devant Jésus. Celui qui ne pouvait pas même entrer devient le personnage « central ». Ah si nous pouvions réussir ce miracle que ceux qui sont en marge de nos communautés puissent trouver leur place au centre !

Marc nous surprend. En effet, on s’attend à ce que l’homme paralysé obtienne la guérison de son handicap. Au contraire, il obtient le pardon de ses péchés ! Cela serait-il donc le plus important ? Si nous ne sommes pas tous paralysés ou physiquement malades, nous sommes tous pécheurs : en nous approchant de Jésus avec foi, nous obtenons le pardon de nos péchés. C’est pourquoi tant de gens qui s’approchent de Jésus s’écrient dans les évangiles : « Kyrie eleison ! », une belle prière de supplication que nous reprenons au début de nos messes : « Seigneur, prends pitié ! »

L’Église est ainsi le lieu où nous pouvons entendre la Parole de Jésus et où nous pouvons recevoir le pardon de nos péchés. La guérison physique du paralytique survient après sa guérison spirituelle, comme une conséquence, comme un signe qui manifeste visiblement la guérison invisible du cœur et de l’âme. Oui, « le Fils de l’homme a reçu le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre ». Ce pardon est donné dans la maison de Pierre et d’André, au cœur de l’Église.

Le paralytique est sauvé et il est guéri. Il repart en portant lui-même le brancard sur lequel il était transporté. Mais un autre miracle s’est produit. En effet, le paralytique guéri ne ressort pas par le toit de la maison mais par la porte. Il a ouvert la communauté qui avait été un obstacle à son approche vers Jésus. La foule s’ouvre enfin et rend gloire à Dieu. Nous avons ici une belle description de ce que devrait être toute communauté chrétienne : une communauté de foi qui écoute la parole de son Seigneur et se laisse guérir de ses péchés, une communauté ouverte et attentive à tous ceux qui cherchent Jésus, une communauté qui rend gloire et grâce à Dieu pour le salut que Jésus est venu apporter à l’ensemble de l’humanité pécheresse et malade.

Ce paralytique, c’est toute l’humanité portée vers Jésus par l’effort de ces hommes de foi que sont les croyants dont nous sommes. C’est toute l’humanité qui se trouve comme à la porte d’une Église peut-être trop repliée sur elle-même. En méditant cet évangile, découvrons combien notre mission est extraordinaire ! L’évangile de ce dimanche nous questionne. Interrogeons-nous donc. Comment portons-nous nos proches vers Jésus ? Comment veillons-nous à l’ouverture de nos communautés et à l’accueil de ceux qui s’en approchent en quête du Sauveur du monde venu parmi nous pour enlever le péché du monde ?

Frère François-Dominique CHARLES, o.p.

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