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Oui je le veux

Imprimer Par Caroline Pinet

Au moment de prononcer ces mots, savons-nous vraiment l’engagement auquel ils nous lient? Personnellement, enrobée du bonheur d’avoir rencontré le prince charmant, je ne crois pas que je réalisais tout ce que cela impliquait. Pour le meilleur et le pire. Nous connaissons tous la formule, mais ignorons le pire. Dans le pire on s’imagine que c’est le gros coup fumant susceptible d’être commis par l’autre. On ignore que le pire c’est de constater au bout d’un moment que l’autre a ses petits défauts qui sont là bien installés et que l’on ne les chassera pas! Il aura ses piles de papiers à classer qui resteront là sur le meuble car il s’y retrouve mieux ainsi et déteste quand on les classe. Il aime bien la chaleur de la maison et désire y passer les week-ends alors qu’on rêve d’escapade. Il aime porter ce pantalon confortable que l’on déteste et aimerait bien qu’on lui lâche les pieds avec ça! Il n’a toujours pas posé la tablette de l’étagère…*

Ce pire n’est pas si « pire » à première vue. Tant que nous croyons que nous pourrons « changer » l’autre! Mais arrive le moment où après plusieurs années communes on sait qu’il est comme « ça ». Et c’est sans doute ici que beaucoup oublient leur promesse de s’aimer pour toujours. Car ils s’étaient équipés à traverser des crises bien plus dangereuses! Que faire si l’autre me trompe, comment garder la flamme allumée, et veiller au respect de chacun et au partage des tâches. Bien entendu, ces « grands » pires ne sont pas à négliger, mais, à cela, nous y pensons naturellement.

Le pire, c’est aussi que l’autre, après nous avoir promue au rang de princesse nous réfléchit l’humanité qui nous habite… Peut-être est-ce encore plus difficile de constater combien nous ne sommes pas parfaites. Le piège serait de croire que c’est l’autre qui fait sortir des aspects désagréables de nous-mêmes. Certains quittent l’autre en croyant noyer leurs soucis avec quelqu’un de nouveau qui fera sortir le meilleur d’eux. Mal leur en prit, ils retrouvent leurs mauvais travers toujours pas réglés. Mais il est parfois si difficile de se regarder en face. On peut facilement se mentir sur soi-même. L’autre est réellement une planche de salut de par son reflet.

Ce qui fait ma faiblesse fait aussi ma force. Jésus a bâti son Église sur sa pierre d’angle. La force de notre vie à deux est qu’elle peut nous sanctifier! Accepter le regard de l’autre sur nous-mêmes peut nous permettre de grandir intérieurement et nous aider à être un meilleur individu. Parfois aussi, il nous faut accepter nos limites avec humilité. Et accepter, d’autre part, les travers de l’autre nous aide aussi à devenir plus tolérants. Faut-il partir en bataille pour chaque tube de dentifrice laissé débouché? (Évidemment, tout n’est pas acceptable, et le regard de l’autre peut être malade et nous détruire psychologiquement, mais de cela il n’est pas question ici!).
Nous sommes à la fois deux et seul. Deux dans le regard à porter sur soi, mais seul à pouvoir cheminer pour nous améliorer. On ne peut désirer changer à la place de l’autre. Mais l’autre peut nous rapprocher de Dieu dont l’aide peut nous être précieuse dans le processus de changement!

Après deux décennies, nous commençons à réaliser que « oui, je le veux » avait beaucoup de petits alinéas écrits en caractères 8. Si je repassais devant l’autel aujourd’hui avec mon mari, je redirais ce même « oui » et encore plus fort, car la vie conjugale c’est beaucoup plus grand qu’un beau mariage où ils eurent beaucoup d’enfants. D’ailleurs, comme dans les contes de fée, je les ai eus! La suite comporte des défis riches de sens et de promesses de mieux aimer.

*Toute ressemblance avec mon mari ne serait que le fruit du hasard de ma plume et en aucun cas un portrait fidèle de celui qui partage ma vie.

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