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Avoir ou être?

Imprimer Par Caroline Pinet

Êtes-vous matérialiste? C’était la question d’un énième sondage que l’on trouve dans les magazines à la mode. La question m’intéressant, je saisis mon stylo et me mets à cocher les a), les b) ou les c) qui défilent sous mes yeux. Je suis assez sûre de moi, me pensant résolument une non-matérialiste. Et dans ces questions, on devine aussi, habilement, les réponses qui risquent de nous faire basculer dans la colonne qui ne nous flatte pas. Car, nous portons toujours une image (fausse?) de soi. Nous nous définissons par rapport à une image que nous voudrions être. Une image sincère, qui représente notre idéal, mais pas forcément la réalité toute nue.

Pour certains d’entre nous, posséder permet de nous sentir important, d’éprouver que nous avons une valeur dans la société. En pouvant m’acheter tel objet, telle voiture, telle déco, je deviens quelqu’un à mes propres yeux, car aux yeux des autres, je suis reconnu comme ayant réussi. J’existe.

Pour d’autres, l’essentiel n’est pas dans la possession mais dans le pouvoir : je suis quelqu’un si je suis en position au-dessus des autres, si je contrôle la situation, si je deviens une référence pour autrui. Qu’importe le matériel.Il arrive que pour pouvoir dominer ceux qui sont autour, on ait besoin d’avoir de l’argent, signe de réussite et de puissance.

Parfois, il existe des personnes dotées d’un sens des valeurs tellement essentielles, qu’elles rayonnent sans avoir à posséder ni dominer. Ce sont des êtres qui ont trouvé leur priorité en Dieu, donc dans l’être humain, dans la vie. Elles ont la simplicité de rendre à quiconque les côtoie un sentiment d’importance, que la personne soit une simple chômeuse ou un directeur de banque.

Dans notre couple, quel rapport avons-nous avec l’argent? Un est-il dépensier et l’autre économe? On rapporte qu’un fort pourcentage des disputes conjugales tourne autour de l’argent. Si je me vois comme non matérialiste, à côté de mon mari je ressemble à « l’accro du shopping ». Mon mari peut user un vêtement jusqu’à la corde, manger des restes toute la semaine, récupérer et réutiliser ses filtres à café, bien que compostable. Mieux que recycler, réutiliser est son adage. Avec affection, il me dit souvent, je sais économiser et toi dépenser : on forme une bonne équipe! J’essaie pourtant de lui démontrer que je suis une femme assez peu dépensière à comparer à la moyenne des femmes! Mais il est vrai que tout est toujours relatif…

Dans l’Évangile, quelle est la place de l’argent? Que pense Jésus de l’argent? En un endroit il dit qu’il faut se faire ami avec le mauvais argent. Mais il nous rappelle que nous ne pouvons servir deux maîtres : Dieu et l’argent. Et au jeune homme riche, il déclare : vends tous tes biens et donne la moitié de la somme aux pauvres. Nous aimerions bien trouver un petit passage qui nous indiquerait qu’il fait exception pour les familles, car avec des enfants il faut tout de même assurer leur avenir… Ainsi nous pourrions nous justifier d’aller : faire du ski en famille, à Disneyland pour montrer aux enfants, et d’acheter des vêtements de marque afin que nos enfants ne soient pas ostracisés à l’école.

On se justifie en disant qu’en partageant nos avoirs, au fond, l’argent il en faut pour vivre et plus que moins. Pourtant, Jésus nous ramène toujours au même message face à l’argent. Et aucun alinéa pour les familles…

Où se situerait Jésus en revenant aujourd’hui dans notre société de consommation? De quel côté serait-il? Rien n’est simple, mais il questionnerait sûrement notre mode de vie qui gaspille les ressources de tous, qui exploite les gens du Sud pour le confort du Nord.

Nous devons être dans le monde sans être du monde.

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