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Le mystère de la Vierge Marie est celui de notre propre mystère

Imprimer Par Isaac de l'Étoile

Ami de saint Thomas Becket, archevêque de Cantorbery, il s’opposa à Henri II Plantagenêt lors de l’assassinat de l’évêque, ce qui lui valut une disgrâce royale qui le conduisit en exil sur l’ile de Ré où il fonda un monastère. Isaac fait partie de ces brillants esprits médiévaux qui circulaient dans toute l’Europe allant d’une université à une autre. Bon écrivain, il a laissé des Sermons (publiés en Sources Chrétiennes) où l’on trouve une profonde théologie et une grande connaissance du cœur humain. Les critiques s’accordent pour reconnaître dans le saint abbé l’un des plus profonds métaphysiciens de son siècle. Très versé dans les Ecritures, comme dans les questions philosophiques et théologiques agitées de son temps, Isaac était une âme totalement détachée de l’esprit du monde. Il revint à son monastère de l’Etoile où il termina ses jours vers l’année 1178. (Source: http://www.isaac-etoile.fr/)

Le Fils de Dieu est le premier-né d’un grand nombre de frères, car, étant Fils unique par nature, il s’est associé par la grâce une multitude de frères qui ne font qu’un avec lui : à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Devenu « fils d’homme », il a fait de la multitude des hommes des fils de Dieu. Il se les est associés, alors qu’il est unique par son amour et sa puissance. Les hommes, en eux-mêmes, par leur naissance selon la chair, sont une multitude; mais par la seconde naissance, la naissance divine, ils ne sont avec lui qu’un seul. Le seul Christ, unique et total, c’est la tête et le corps.

Et ce Christ unique est le Fils d’un seul Dieu dans le ciel et d’une seule mère sur la terre. Il y a beaucoup de fils, et il n’y a qu’un seul fils. Et de même que la tête et le corps sont un seul fils et plusieurs fils, de même Marie et l’Église sont une seule mère et plusieurs mères, une seule vierge et plusieurs vierges. L’une et l’autre sont mères; l’une et l’autre, vierges. L’une et l’autre ont conçu du Saint Esprit, sans attrait charnel. L’une et l’autre ont donné une progéniture à Dieu le Père, sans péché. L’une a engendré, sans aucun péché, une tête pour le corps, l’autre a fait naître, dans la rémission des péchés, un corps pour la tête. L’une et l’autre sont mères du Christ, mais aucune des deux ne l’enfante tout entier sans l’autre. Aussi c’est à juste titre que, dans les Écritures divinement inspirées, ce qui est dit en général de la vierge mère qu’est l’Église, s’applique en particulier à la Vierge Marie; et ce qui est dit de la vierge mère qu’est Marie, en particulier, se comprend en général de la vierge mère qu’est l’Église. Et lorsqu’un texte parle de l’une ou de l’autre, il peut s’appliquer presque sans distinction et indifféremment à l’une et à l’autre.

De plus, chaque âme croyante est également, à sa manière propre, épouse du Verbe de Dieu, mère, fille et sœur du Christ, vierge et féconde. Ainsi donc c’est la Sagesse même de Dieu, le Verbe du Père, qui désigne à la fois l’Église au sens universel, Marie dans un sens très spécial et chaque âme croyante en particulier. — C’est pourquoi l’Écriture dit : Je demeurerai dans l’héritage du Seigneur. L’héritage du Seigneur, dans sa totalité, c’est l’Église, c’est tout spécialement Marie, et c’est l’âme de chaque croyant en particulier. En la demeure du sein de Marie, le Christ est resté neuf mois, en la demeure de la foi de l’Église, il restera jusqu’à la fin de ce monde, et dans la connaissance et l’amour du croyant, pour les siècles des siècles.

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