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Homélie donnée à l’occasion de la mort de saint Basile (379)

Imprimer Par Saint Grégoire de Naziance

Ce texte veut exprimer un vœu pour l’année nouvelle : une grande amitié. Grégoire de Naziance (329-389), Paul Gallay écrivait de lui : « Dans la littérature universelle, peu d’homme ont aussi facilement et aussi simplement parlé d’eux-mêmes que ce Père de l’Église. En lui, nous ne trouvons pas uniquement un grave et savant théologien, mais en même temps un homme d’une sincérité vibrante, qui, à chaque occasion, prend son lecteur pour confident. Une de ses œuvres les plus amples est précisément un récit de sa vie, récit en vers car Grégoire est poète. Ce qui nous est parvenu de son œuvre – 45 discours, 245 lettres et grand nombre de poèmes – nous transmet la vérité chrétienne assimilée par un très grand esprit et méditée par un très grand saint. Cet auteur est un homme bien attachant. » (Grégoire de Naziance, Église d’hier et d’aujourd’hui. Ed. Ouv.1958).

Nous étions ensemble à Athènes. Comme le courant d’un fleuve, à partir d’une source unique, se divise en plusieurs bras, Basile et moi, nous nous étions séparés pour aller chercher le savoir dans des régions différentes. Mais nous nous sommes retrouvés comme à la suite d’un rendez-vous, alors que c’était Dieu qui nous menait.

Non seulement, je portais personnellement à mon grand Basile beaucoup de respect parce que je voyais en lui une conduite sérieuse et une parole avisée, mais j’essayais aussi d’inspirer le même sentiment aux autres qui n’avaient jamais eu l’occasion de le connaître. Car pour beaucoup il était déjà digne de vénération, parce que sa réputation l’avait devancé.

Le résultat de cela ? C’est qu’il fut à peu près le seul, de tous ceux qui venaient étudier à Athènes, qui échappa à la loi commune en jouissant d’une estime supérieure à celle qui revient à un nouveau venu. Ce fut le début de notre amitié ; de là est née l’étincelle qui nous a unis. C’est ainsi que nous avons reçu la blessure de notre amitié mutuelle.

Au bout d’un certain temps, nous nous étions avoués notre passion commune, à savoir que nous n’avions d’ardeur que pour la philosophie. Alors nous fumes tout l’un pour l’autre ; ayant même toit, même table, même vie, même horizon, unissant chaque jour notre commun désir avec plus de chaleur et plus de force.

Nous étions conduits par les mêmes espérances envers la richesse la plus enviée : la science. Mais il n’y avait entre nous aucune envie, nous ne cherchions que l’émulation. il y avait lutte entre nous deux, non pas à qui obtiendrait la première place, mais comment chacun la céderait à l’autre. Car chacun considérait l’éloge obtenu par l’autre comme étant le sien.

On aurait cru que nous avions à nous deux une seule âme responsable de deux corps. Et s’il ne faut pas croire ceux qui prétendent que tout est dans tout, il faut nous croire quand nous disons que nous étions l’un dans l’autre et l’un auprès de l’autre.

Nous n’avions tous deux qu’une seule affaire : la vertu, et notre vie était dirigée vers les espérances futures, pour nous préparer à quitter le monde en y renonçant déjà. C’est dans cette perspective que nous organisions toute notre vie et notre manière de faire. Nous nous laissions conduire par la loi de Dieu en nous excitant mutuellement à l’amour de la vertu. Et si ce n’est pas trop me vanter que de le dire, chacun de nous était pour l’autre une règle et un modèle permettant de distinguer le bien et le mal.

Chacun porte un surnom qui lui vient de ses parents ou de son propre fonds, d’après ses goûts particuliers ou ses occupations. Mais pour nous, la grand affaire et le grand nom, c’était d’être chrétiens et d’en porter le nom.

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