Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

Saint Sacrement. Année C.

Imprimer Par Daniel Cadrin

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Jésus parlait du règne de Dieu à la foule, et il guérissait ceux qui en avaient besoin. Le jour commençait à baisser. Les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule, ils pourront aller dans les villages et les fermes des environs pour y loger et trouver de quoi manger : ici nous sommes dans un endroit désert. »

Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons… à moins d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce monde. » Il y avait bien cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante. » Ils obéirent et firent asseoir tout le monde. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il les bénit, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils distribuent à tout le monde.

Tous mangèrent à leur faim, et l’on ramassa les morceaux qui restaient : cela remplit douze paniers.

COMMENTAIRE

Pour la fête du Saint Sacrement, du Corps du Christ, nous avons le récit des pains multipliés en Luc. Juste avant, les apôtres ont partagé la mission de Jésus en proclamant la Bonne Nouvelle et en faisant des guérisons. Après, ils reconnaîtront Jésus comme le Messie de Dieu. Le récit des pains nous parle ainsi à la fois de Jésus et de ses disciples, associés à son œuvre. Et il comprend plusieurs éléments significatifs sur le sens de l’eucharistie.

Au début, nous voyons Jésus qui prend soin des gens, autant par la parole que par l’action. Puis, alors que les douze, face aux besoins de la foule, proposent une approche pratique et une logique de l’achat, Jésus les invite à une autre dynamique, celle du don : donnez vous-mêmes..

Il est intéressant de noter que la nourriture n’est pas distribuée à la foule. Auparavant, les disciples sont chargés de constituer des tablées. La foule ne reste pas un ensemble anonyme mais elle est partagée en groupes. Elle devient un réseau de communautés différentes à taille humaine, partageant le même don des pains. Comme si le pain n’est vraiment goûté et partagé que dans ces cellules ecclésiales, des communautés. Cela touche le sens du Corps du Christ, présent à la fois dans le pain rompu et dans l’assemblée fraternelle.

Jésus ne donne pas lui-même le pain aux gens. Il passe par la médiation de ses disciples. On ne peut mieux dire l’Église comme sacrement du Christ vivant, aujourd’hui. Nous sommes son corps, nous sommes ses mains, appelés à faire circuler les biens qui viennent de lui.

Jésus dit une prière de bénédiction, puis rompt les pains. Il y a ici une évocation eucharistique. Lors de la dernière Cène (22,19), l’action de grâces sera complète.

Les gens sont rassasiés, comme le peuple au désert qui avait reçu la manne. Quand Dieu donne, c’est la vie en abondance.

À la fin, il reste douze paniers. Le lien aux douze apôtres et à leur rôle est ainsi souligné mais cela dit aussi qu’il en reste pour ceux et celles à venir qui accueilleront l’Évangile. L’assemblée, le réseau des tablées, n’est pas fermée sur elle-même de façon définitive; d’autres se joindront au peuple de Dieu, la Bonne Nouvelle va continuer de se transmettre. Nous sommes ainsi déjà présents, annoncés, dans ce récit.

Ce que dit le récit des pains, du début à la fin, c’est la générosité de Dieu, montré en Jésus qui donne une vie en abondance et qui a souci de rapprocher les gens les uns des autres. Fêter le Corps du Christ, c’est pour nous ses disciples faire mémoire de ce don généreux et le devenir nous-mêmes.

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