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Les femmes et la pauvreté

Imprimer Par Denis Gagnon

Le 8 mars, journée mondiale des femmes. Cette année, l’événement a lieu en pleine crise économique. Les activités organisées à cette occasion en sont fortement teintées.

Depuis de nombreuses années, les femmes s’attaquent à un problème gigantesque: la pauvreté. Des pauvres, il y en a toujours eu. Le problème traverse les siècles. Il couvre tous les continents. La pauvreté est tellement présente que nous nous sommes habitués à la côtoyer. Elle nous semble normale, incontournable, immortelle. Comme les saisons que nous ne pouvons pas éviter, nous essayons de nous adapter à la pauvreté. Nous pensons pouvoir apprendre à vivre avec elle.

Les femmes refusent ce défaitisme. Elles ne veulent pas se soumettre à l’état des choses. Aussi ont-elles enclenché un combat. Et elles sont déterminées à le gagner. Pour elles, c’est une lutte à finir. Par le passé, elles ont escaladé des montagnes tout aussi abruptes. Elles ont l’habitude des défis. Elles savent se battre.

L’arme principale des femmes: la détermination. Les femmes ont l’entêtement des vainqueurs, elles vaincront. Elles ont le courage de la persévérance, c’est la clé de leur réussite. Il est rare de voir les femmes baisser les bras. Au contraire, elles s’ingénient à inventer des stratégies nouvelles pour mieux poursuivre leurs combats. Faut-il ruser? elles rusent. Faut-il patienter? elles patientent. Faut-il foncer? elles foncent.

Bien des facteurs ont conduit les femmes vers de telles attitudes et de telles comportements. Elles ont souffert et elles souffrent encore des inégalités. Elles peuvent être sensibles à l’injustice pour la subir elles-mêmes. Mais il y a un facteur plus profond qui mobilise les femmes. Ce sont elles qui mettent au monde les individus. Elles les portent en elles pendant plusieurs mois. Et quand elles accouchent, elles donnent naissance à une part d’elles-mêmes. Aussi il ne faut pas se surprendre qu’elles demeurent proches de la réalité, proches de ce que les autres vivent. Elles vivent elles-mêmes de ce que vit l’ensemble de l’humanité. La souffrance des autres, c’est la souffrance de leur propre chair. La détresse des autres, c’est la détresse de leur propre coeur. Leur empathie naturelle a de l’impact sur leurs initiatives, cette capacité – toute maternelle – de se mettre dans la peau de l’autre, de ressentir ce qu’il ressent. L’homme apprend cela rationnellement, la femme le vit instinctivement.

Depuis quelques années, le mouvement de libération des femmes a entrepris des luttes qui dépassent le niveau de l’égalité entre les sexes. Il s’attaque à tous les problèmes. Les femmes se mobilisent contre l’immobilisme. Les femmes marchent contre le statu quo. Les femmes crient contre le silence. À elles seules, elles incarnent l’itinéraire vers une plus grande humanisation de la planète.

Pourvu que les hommes ne se contentent pas de regarder passer la parade. Pourvu qu’ils participent à la guerre, qu’ils apportent leur contribution personnelle. Toute l’humanité est responsable de la lutte contre la pauvreté et la misère. Personne n’a le droit de se défiler. Il est vrai que la majorité des pauvres du monde sont des femmes. Mais le problème appartient à tout le monde. Même aux riches. Appartenir à la terre, c’est être responsable de la terre. Qui que nous soyons!

Les solutions aux problèmes sont toujours du côté de la solidarité, de la prise en charge commune, du partage des actions à entreprendre. Les feuilles meurent quand elles se détachent de l’arbre. Elles sont privées de la sève qui circule dans le tronc. Hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, nous sommes tous du même sang, liés les uns aux autres, libres ou esclaves les uns par les autres, sauvés ou perdus les uns par les autres.

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