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Regarde, on n’est pas bien tous les deux?

Imprimer Par Caroline Pinet

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Récemment, des chercheurs américains ont établi que le bonheur est contagieux. Suite à leur recherche; ils ont calculé qu’une personne heureuse avait un impact de 25% de contagion sur un ami s’il habite à moins d’un kilomètre ! Il s’agit d’une étude sérieuse qui a analysé, de 1971 à 2003, l’organisation de la vie sociale à Framingham.  » L’éventuelle transmission du bonheur a été examinée à travers plus de 50 000 liens. Après des analyses algorithmiques complexes, l’idée de la propagation sociale du bonheur s’est clairement imposée. »1 Heureusement, il ressort aussi que la propagation de la tristesse est moins forte que celle de la joie. En lisant cette étude, comment ne pas être déterminés plus que jamais à être heureux afin de rayonner dans notre vie conjugale et familiale.

Un prêtre vivant en communauté avait cette prière étonnante quand il rentrait fourbu de son travail: « Seigneur, donne-moi la joie. Tu n’as pas le droit de me la refuser, car ce n’est pas pour moi, mais pour mes frères. Tu sais combien je suis invivable quand je n’ai pas de joie. Prends pitié d’eux et donne-moi Ta joie. » J’ai toujours trouvé que c’était l’une des plus belles prières de demande. Dans notre vie de couple, combien de fois cette prière pourrait nous être d’un grand secours!

Dans la société, le bonheur est considéré comme un but personnel à atteindre. C’est un peu du chacun-pour-soi, et « en quoi ça concerne l’autre si je suis heureux ou malheureux, c’est mon affaire! » Au vu de cette étude, c’est beaucoup plus complexe. Ma joie, ou mon absence de joie, a un impact direct sur les autres. Je suis responsable de cultiver ma joie pour la collectivité. Je le suis pour le bonheur conjugal. Rendre ma moitié plus heureuse, n’est-ce pas le but de l’amour conjugal?

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Bien sûr notre vie n’est pas toujours « heureuse ». Il y a des épreuves, des coups durs, des passages à vide. Comment être toujours heureux? C’est impossible. Nous sommes des êtres complexes maniant diverses émotions exprimant la joie, la colère, la tristesse, la peur, le découragement, l’enthousiasme… Mais globalement, nous pouvons cultiver une émotion dominante, celle de la joie qui envahira notre vie, à travers les tempêtes comme aux beaux jours. Non pas une joie superficielle, mais une joie très profonde, une joie qui vise à rendre heureux les autres qui nous côtoient, une joie qui nous vient de Dieu, car remplie d’amour.

Dans notre couple, on s’est naturellement réparti la responsabilité de cultiver la joie. J’ai pris la part facile. Je suis très joyeuse quand tout va bien! J’ai alors une joie dynamique qui embarque mon époux, mes enfants. Une joie un peu « moteur », qui est festive et qui nous fait avancer. Mon mari a curieusement cultiver une joie plus athlétique! C’est souvent lui, dans les moments difficiles, qui propage la joie. C’est alors une joie rassurante, pacifiante et douce. Il dit cultiver des « plages de bonheur ». Il peut apprécier la joie d’une promenade, le bonheur d’une lecture, ou un instant de jeux avec les enfants même quand tout va mal pour lui ,au boulot par exemple. Il peut préparer un café à deux, faire arrêter le temps et me dire au milieu de cet instant: « On n’est pas bien comme ça en cet instant tous les deux? » Il a cette merveilleuse faculté de ne pas voir l’arbre mais la forêt qui est derrière! Et je dois dire que sa joie est très convaincante.

James Fowler qui fat parti de l’équipe qui a mené l’étude à Framingham, ne peut dire les mécanismes qui sous-tendent la propagation du bonheur, mais il en tire une conclusion fort intéressante: « Il y a plusieurs implications dans ce travail. D’abord, nous devons avoir une plus grande responsabilité face à notre propre bonheur puisqu’il affecte les autres. La poursuite du bonheur n’est pas un but solitaire. Nous sommes connectés et notre joie est ainsi. »1

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