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Le bébé et/ou l’eau du bain?

Imprimer Par Denis Gagnon

Le Québec vient d’entreprendre une grande conversation en compagnie de deux personnalités éminentes: Gérard Bouchard et Charles Taylor. Nous parlons d’accommodements, plus précisément d’accommodements raisonnables.

D’un bout à l’autre du territoire, les forums vont révéler l’opinion de beaucoup de québécois sur la diversité culturelle et sociale qui existe, devrait exister ou ne devrait pas exister chez nous. On parle de langue, d’habitudes culturelles, de valeurs et surtout de religion.

Parmi les valeurs, on reconnaît l’égalité entre les personnes et entre les races, le droit de parole, la liberté, la tolérance, l’accueil de l’autre dans sa différence, le droit au respect de l’identité personnelle.

Les opinions vont dans tous les sens. C’est un reflet de la diversité que nous cultivons beaucoup chez nous. Parmi cette diversité, il y a du bon, du moins bon aussi. Parfois, des jugements rapides. Parfois un manque de logique.

Ainsi, j’ai été étonné d’entendre une québécoise prôner l’abolition de Pâques parce que cette fête est religieuse et souhaiter que nous gardions Noël dont l’origine remonterait plus loin que le christianisme, jusqu’à l’époque païenne. Parce que païen, Noël serait admissible dans la liste de nos fêtes civiles.

La dame semblait oublier que le paganisme, c’est du religieux! Il regroupe même plusieurs religions. S’il faut rejeter le christianisme parce qu’il serait aliénant, il faudra aussi fuir les paganismes aux divinités plus que douteuses.

Pour que les religions n’aient aucune manifestation sur la place publique, il faudra changer notre manière de dater. Nos dates sont comptées d’après la date de naissance du Christ et de son séjour en Palestine. La semaine de sept jours a été consacrée par le premier chapitre de la Genèse, un livre de la Bible. Les mois, pour la plupart, portent des noms de divinités romaines ou grecques.

Les grands classiques du théâtre et de la musique devront être interdits dans les salles de spectacles à cause de leurs références religieuses. On ne pourra plus entendre le Messie de Haendel ou le Requiem de Mozart. Les vitrines des librairies ne pourront pas annoncer L’Iliade et L’odyssée d’Homère.

Faudra-t-il coller une contravention à toute personne qui a l’habitude de sacrer? Les «…sties!» de la jeune génération devront-ils être remplacés par des mots du vocabulaire cybernétique? Les «Mon Dieu, Seigneur!» devront-ils être réprimés à tout jamais?

Les religions existent depuis que l’être humain respire. Elles parcourent les siècles et ne cesseront pas de le faire parce que des québécois ont des frustrations à traverser ou qu’ils prétendent être parvenus au sommet de la libération.
Dans un Québec qui a le plus haut taux de suicide de la planète, les citoyens et les citoyennes ont besoin, me semble-t-il, de trouver un sens à la vie. Ils ont besoin de remonter à leur source profonde pour retrouver leur identité dans le cosmos.

Les humains trouveront plus de lumière et de chaleur dans la Bible que dans le Traité d’athéologie de Michel Onfray. Ils découvriront que les Écritures sacrés sont à la source de ce que la planète a de meilleur à vivre: la liberté, l’accueil inconditionnel de l’autre, la justice, la recherche de la paix, l’amour. Ils seront mis en contact avec les plus grandes richesses de la sagesse et de la quête de la vérité.

La religion et la foi sont, bien sûr, avant tout des quêtes personnelles. Elles portent des valeurs qu’on nourrit intérieurement, souvent dans le retrait et le silence intérieur. Elles sont aussi des réalités communautaires. Le christianisme est une religion qui rassemble. Le Christ a proposé un évangile pour la transformation du monde au profit de la personne humaine et de sa vie en société.

Bref, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain!

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