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Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

25e Dimanche du temps ordinaire. Année B.

Imprimer Par Jacques Sylvestre, o.p.

Leçon de la route

Partant de là, ils faisaient route à travers la Galilée. Jésus ne voulait pas qu’on le sût, car il instruisait ses disciples et leur disait : « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes et ils le tueront, et quand il aura été mis à mort, trois jours après, il ressuscitera. » Mais ils ne comprenaient pas cette parole et craignaient de l’interroger. Jésus et ses disciples vinrent à Capharnaüm. Une fois à la maison, il leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Eux se taisaient, car ils avaient discuté en chemin sur qui était le plus grand. Alors, s’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, il se fera le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un petit enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa et leur dit : « Quiconque accueille un de ces petits enfants à cause de mon Nom, c’est moi qu’il accueille ; et quiconque m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »

Commentaire :

Une fois de plus, nous pourrons nous rendre à l’évidence que les évangiles ne sont pas à proprement parler une histoire de Jésus, mais des catéchèses bien organisées. Le groupement marcien dont il est fait lecture ce dimanche, bien qu’artificiel, se retrouve dans les trois évangiles synoptiques. L’annonce de la Passion, l’incompréhension des disciples et l’enseignement de Jésus ne sont pas regroupés là par hasard. Le but de ce rapprochement de faits sans liens les uns avec les autres est de mettre en situation l’homme à qui le dessein de Dieu semble étranger et qui de ce fait prend le contre-pied. Lui est alors proposé un mode de vie et un comportement tout nouveaux exigés par la Passion du Christ.

LA ROUTE

L’évangile de ce dimanche comprend la deuxième annonce de la Passion et le début d’un long discours qui va se poursuivre jusqu’à 9 : 50. Il est remarquable que Marc situe les trois annonces de la Passion « sur le chemin » (8 : 22 ; 9 : 30-34 ; 10 : 32, 46-52). Tout a commencé avec la confession de Pierre à Césarée et s’est déroulé en chemin, à travers la Galilée jusqu’à Jérusalem via Jéricho. Chemin du Fils de l’homme, voie de la Passion, paradoxe mystérieux révélé dans le secret, Jésus veut entraîner sur cette route ses disciples effrayés. La route constitue la scène où Jésus marche vers l’accomplissement de son œuvre de salut. Les disciples doivent donc connaître sur ce chemin une initiation difficile ; cependant, c’est à la maison, lieu d’intimité, qu’elle se fera davantage. Entraîné au comportement du serviteur dans et par la communauté, le disciple doit devenir capable de suivre Jésus sur le chemin du salut, la route de la vie. Telle est la pensée maîtresse de Marc tout au long de son évangile, particulièrement en ce secteur.

L’ENFANT

Aucun lien entre l’apparition de cet enfant et ce qui précède. L’enfant ne tenait guères de place dans la société du temps ; il ne représentait en aucune façon l’innocence et la simplicité, mais le type du sans importance, de l’insignifiance, du négligeable. Si Jésus y prend intérêt, c’est à titre de Fils de Dieu et de Sauveur des hommes : le Royaume est donné gratuitement à tout ce qui est négligé, méprisé. Ceci dit, on comprend mieux l’invitation à l’accueil de l’enfant et son identification avec Jésus identifié au petit, au pauvre. L’enfant devient ainsi le symbole et l’humble réalité des messagers de l’évangile. Le discours prend dès lors une connotation missionnaire.

Cette invitation à l’humilité faisait donc suite à une discussion entre les disciples sur la première place, débat intérieur que Jésus devine. On se retrouve en plein conflit de la communauté primitive, dont l’apôtre Paul évoque quelques difficultés son épître aux Corinthiens, alors que chacun souhaitait se prévaloir sur les autres par l’importance de son charisme. (1 Co. XII) La société antique se montrait fort soucieuse de noblesse et de hiérarchie, mais Jésus renverse ici les valeurs et exige un comportement tout à fait différent : la vraie grandeur est dans le service. Telle est la leçon qui se dégage des voies du Seigneur et le chemin sur lequel il entend former ses vrais disciples.

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