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Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

2e Dimanche de Pâques. Année A.

Imprimer Par Jacques Sylvestre, o.p.

Retour en classe

Le soir de ce même jour, le premier de la semaine, toutes portes étant closes par crainte des Juifs, là où se trouvaient les disciples, Jésus vint et se tint au milieu d’eux ; il leur dit : Paix soit avec vous ! Ce disant, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur. Il leur dit encore une fois : Paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Cela dit, il souffla sur eux et leur dit : Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. Thomas, l’un des douze, appelé Didyme, n’était pas avec eux, quand vint Jésus. Les disciples lui dirent : Nous avons vu le Seigneur ! Il leur répondit : Si je ne vois à ses mains la marque des clous, si je ne mets le doigt dans la marque des clous et si je ne mets la main dans son côté, je ne croirai pas. Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient à nouveau dans la maison et Thomas avec eux. Jésus vint, toutes portes closes, et se tint au milieu d’eux : Paix soit à vous ! dit-il. Puis il dit à Thomas : Porte ton doigt ici : voici mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté et ne sois plus incrédule, mais croyant. Thomas lui répondit : Mon Seigneur et mon Dieu. Jésus lui dit : Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui croient sans voir. Jésus a accompli en présence des disciples encore bien d’autres signes, qui ne sont pas relatés dans ce livre. Ceux-là l’ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom.

Commentaire :

L A P E U R

Verrouillés pour un conciliabule clandestin, les disciples ont peur. Peur des Juifs, peur de l’avenir, peur de la mission, peur des persécutions et de la mort. Peur de la vérité qui engage. Une peur qui nous habite nous aussi à divers titres : montée des sectes, crainte de l’Islam, diminution du nombre de prêtres, désertion des églises, amoralité des mours, la science et ses expériences contre nature, séparation de l’Église et de l’État, mort de Dieu, spiritualité laïque, révolution biologique, montée des terrorismes.

A ceux qui ont peur se manifeste non point un Jésus en cire, mais le Ressuscité qui entraîne l’univers dans sa résurrection. Shalôm ! La paix avec vous ! dit-il à deux reprises. Un pardon et une promesse, réconciliation et Pentecôte, don de sa tendresse et don de son Esprit, à des hommes en devoir, des hommes en train de changer le monde pour le meilleur ou pour le pire, car aucune limite ne semble retenir les puissances du mal. Pourquoi douter de la puissance du Ressuscité ? N’ayez pas peur ! clamait Jean-Paul II sur le parvis de Saint-Pierre, le jour de son intronisation. Moins de prêtres, sans doute, mais que de laïcs prennent en charge leur église ; moins de couples mariés, mais que d’unions valables, d’une rare qualité d’amour et de fidélité ; que de tarés de la société, mais que de jeunes épris d’engagement pour des causes apparemment perdues ; que de matérialisme ambiant, mais que de vie spirituelle, contemplative, simple et dépouillée !

La grande espérance, l’incontournable réalité, c’est Jésus, le Ressuscité, et ce sillage irrésistible dont il n’est pas possible de sonder la profondeur en tous domaines. Pourquoi avoir peur et pourquoi douter ?

L E D O U T E

Thomas n’était pas là, le soir de Pâques ; de ce fait, il devint l’archétype de ceux et celles qui doutent. Huit jours durant, l’apôtre va ruminer ses incertitudes, passer au crible les dire de ses collègues, confronter les événements avec les données de la science et de la psychologie prévenue contre toute hallucination. Il lui faut des preuves, c’est de toute urgence. Admettre certaines choses, ce n’est pas évident ! L’Incarnation, l’Immaculée conception, l’Église, l’infaillibilité pontificale. Je ne crois que ce que je vois affirme l’homme de la modernité. L’apôtre Jean lui-même écrivait : Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché. Jean avait contemplé, ne l’oublions pas. Hommes de peu de foi, croirions-nous, homme de pauvre foi, serait-il plus opportun de dire. Nous en sommes toujours aux rudiments d’une leçon foi apprise il y a tant d’année de cela. Tous ces dogmes récités par cour sont devenus périmés avec le temps, dénués de sens pour la modernité. Rares sont les prophètes qui ont su décrypter ces affirmations et langages de foi pour notre temps. Nous y croyons, certes, mais dans quelle mesure en vivons-nous jusqu’à ce que le doute ne s’installe en communion avec l’incertitude des autres.

Ne nous faudrait-il pas retourner en classe et faire route et long cheminement avec les propos de l’Inconnu sur la route d’Emmaüs, ou vivre avec plus de ferveur nos eucharisties : Ils le reconnurent à la fraction du pain.

Parole et vie

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