Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Francine Paquin
Le rosaire dans la ville

Le couronnement d’épines

Imprimer Par Francine Paquin

Troisième mystère douloureux

Comme il nous importe à nous de sauver la face, les apparences! Il est si important de faire belle figure en toutes occasions, être apprécié et reconnu pour ce que nous accomplissions.

Et lui, Jésus, il s’avance sur le chemin du Calvaire avec une couronne d’épines sur la tête. On le salue bien bas : «Salue ô roi des Juifs», on se moque de lui, il ne dit rien, il continue d’avancer, l’Amour ne peut s’arrêter. Les épines creusent des trous béants dans sa tête, le sang coule sur son visage mutilé. Chacune de ses plaies purifie notre orgueil, notre égoïsme, notre amour-propre, nos suffisances, nos trahisons, nos moqueries, notre peur de témoigner de notre appartenance au Christ-Roi. L’humilité de Dieu est vainqueur de l’orgueil de Satan. «Jésus de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu mais il s’anéantit lui-même prenant la condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes, s’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix. Aussi Dieu l’a exalté, lui donnant le Nom qui est au-dessus de tout nom.»(Ph. 2, 6-9) Par son obéissance au Père, Jésus est consacré Christ-Roi, il reçoit de son Père la gloire et donne le salut à l’humanité. L’abaissement de Jésus nous élève vers le Père. De sa royauté, Jésus se fait le Serviteur des petits, des pauvres, de ceux qui souffrent pour nous dire que nous ne sommes pas seuls, il est avec nous, il comprend nos souffrances, nos angoisses, nos peurs, il les a vécus et pour nous en délivrer,  il est allé jusqu’au supplice de la croix.

La royauté de Dieu se manifeste dans sa miséricorde : Lui, le Roi, il se fait le Serviteur de tous, il se laisse approcher par le pécheur, il veut le guérir, il l’attend patiemment, ne ménage rien pour ramener au bercail les enfants qui se sont éloignés de lui. Sa couronne baignée de sang est tissée des pardons donnés. Les petits, les humbles de cœur,  ceux qui se confient en son amour allègent la couronne d’épines que porte Jésus, leur amour le console. Leur fidélité soigne les plaies de Jésus et Celui-ci se plaît à les couvrir de sa tendresse, de sa présence.

Son règne est un règne d’amour, de compassion, de service, de communion avec ceux qui veulent s’ouvrir au don de Dieu, se laisser aimer et combler par son amour. Saint Paul affirme : «Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort,» alors que Jésus lui avait déclaré : «Ma grâce te suffit; car ma puissance se déploie dans la faiblesse.» (2 Cor, 12, 9-10) Pour saint Paul comme pour nous, la gloire de Jésus s’exerce par ce qu’il opère de saint en chacun de nous. Jésus connaît nos pauvretés, nos faiblesses, nos blessures; alors que nous reconnaissons notre besoin de sa miséricorde, Jésus nous ouvre les bras pour nous faire entrer dans l’intimité de son cœur, nous en faire goûter les délices. Les blessures offertes par amour nous fait pénétrer plus profondément dans le mystère de la croix qui nous identifie au Christ-Jésus, nous faisant participer à sa Vie. Jésus n’a pas attendu que ses apôtres soient parfaits pour les envoyer en mission; l’Esprit-Saint les accompagnait dans leur humanité, agissant en eux et par eux, sanctifiant leurs œuvres. Il en est de même pour nous si nous acceptons de nous laisser transformer, de donner à Dieu la liberté d’agir en nous et par nous, selon sa sainte volonté. De la couronne d’épines porté librement par Jésus naissent les fruits pour la gloire du Père. Jésus édifie sa couronne de gloire à laquelle il nous fait participer en nous associant à sa passion.

« Seigneur Jésus, apprends-nous la véritable humilité, celle qui attire le cœur des petits, qui donne sans attendre en retour, qui s’efface devant les honneurs, qui accueille le mépris et l’indifférence en priant pour ceux qui nous offensent. Accepter d’être compté pour rien. Lui, le Créateur du ciel et de la terre, de tous biens, il s’est abaissé à ce moins que rien. En route vers la croix, il est considéré comme un homme châtié, sans apparence humaine, un malfaiteur alors qu’il n’a cessé de faire du bien aux autres. Nous qui avons péché, pouvons-nous accepter les humiliations, unir nos souffrances aux siennes? Dans son abaissement, il nous relève et nous fait chair avec Lui dans l’eucharistie, don suprême de l’abaissement de Dieu par amour pour tous les humains. »

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